Une jeunesse ayant reçu une bonne formation est assimilable à une mine d’or tandis qu’une jeunesse sans formation est une bombe à retardement. Cette idée est plus souvent exprimée par les parents et les responsables administratifs à l’endroit des jeunes pour les encourager à bien étudier. Pour atteindre l’objectif, l’Etat devait investir des grosses sommes issues du contribuable guinéen. Mais puisqu’il ne sait ni le nombre de jeunes cadres qu’il faut former, ni la formation qu’il faut leur donner, ni les objectifs pour lesquels ils sont formés, il a fini par former des « désespérés » qui constituent aujourd’hui non pas une bombe à retardement mais les perturbateurs de la vie socio-politique et économique du pays.
Presque chaque jour, on les voit, si ce n’est en ce laps de temps, cailloux et bâtons en mains, barricadant les routes aux passagers, incendiant des pneus, saccageant les boutiques et les véhicules et exigeant aux passants de payer de l’argent pour pouvoir échapper aux conséquences de leur colleur. Ils font régner leurs lois comme si c’était l’Etat. Je suis choquer de voir les scènes odieuses: la fumée des pneus brûlés, des gaz lacrymogènes, des hommes et les femmes tombés sous le coup des balles tirées par des personnes qui ne sont jamais arrêtées et punies conformément à la loi. Mais nos sociétés n’ont des criminels qu’elles méritent. Les jeunes, abandonnés à eux-mêmes, sans espoir, n’ont d’autres alternatives que s’attaquer à l’Etat qui les a formés et qui devrait aussi leur garantir l’avenir à travers l’emploi, la répartition équitable des richesses et la lutte contre l’exclusion sociale dont ils sont victimes.
La consultation nationale des jeunes qui avait pour but de connaître des besoins prioritaires de la jeunesse et des mesures indispensables à prendre avait suscité en la jeunesse guinéenne un espoir qui n’a jusqu’ici, pas commencé à nourri. Conséquences, les jeunes fuient aujourd’hui en grand nombre la Guinée pour aller clandestinement dans les pays du Nord à la recherche du bien-être. D’autres, comme l’homme qui vit doit vivre, se vaquent à n’importe quelles activités qui se présentent à eux, légales ou illégales. Celles-ci parce que l’Etat n’est pas allé au bout de sa mission d’éducation et d’insertion socio-professionnelle. À cause de l’indifférence, de l’inaction de l’Etat en faveur des jeunes, c’est les morts qui nourrissent les vivants dans de nombreuses familles guinéennes à ce jour. Oui, je dis cela puisque les jeunes saints de corps et d’esprits qui pouvaient travailler pour nourrir, habiller, loger et soigner les parents devenus vieux se voient obliger de vivre au dépend de ces derniers. Les Djallonkés aiment dire qu’il existe deux types de pagnes pour le portage au dos: celui qui permet à la mère de porter son enfant en bas âge et celui qui permet à l’enfant, devenu grand, de porter ses parents.
La situation socio-économique actuelle de la Guinée compromet ces merveilleux jeux de réciprocité. Les établissements d’enseignement, au lieu d’être le laboratoire des jeunes intellectuels actifs et compétitifs sur le marché du travail, sont ainsi devenus des usines de fabrication massive de jeunes chômeurs. Les raisons sont entre autres l »inadéquation entre la formation et l’emploi, des conditions d’études difficiles, la faiblesse du niveau des formateurs et la faiblesse des investissements publics et privés. Vue ces difficultés énumérées et surtout du manque de volonté de l’Etat à créer les conditions pour l’amélioration des conditions de vie des citoyens en général et celles des jeunes en particulier, j’ai trop peur. Peur que les mouvements terroristes qui ont souvent plus de moyens que nos États ne passent par ces jeunes désespérés, prêts à tout faire, pour continuer à terroriser les populations puisque comme on aime à le dire :« À défaut de ce qu’on veut, on se contente de ce qui se présente.»
À l’occasion donc de cette nouvelle année, je demande au président de la République Pr. Alpha Condé, au premier ministre Dr Ibrahim Kassory Fofana et à son gouvernement de consacrer leur combat, plus sur l’emploi jeune ; pour l’amélioration des conditions de vie du peuple qu’à celle du cadre macro-économique qui ne fait plaisir qu’à la communauté des créanciers FMI, BM et les autres partenaires du développement. Il y a eu certes quelques progrès mais les progrès qui n’ont pas eu de répercussions directes sur les conditions du peuple. Alors c’est pourquoi j’estime, que les populations elles, rient tous les jours et connaisse continuent à souffrir.
Bonne et heureuse année 2019 à toutes et à tous et que Dieu bénisse notre pays Amen !
Ousmane Condé
622-75-59-68







