Depuis quelques mois en Guinée, les débats tournent autour de la constitution et de la justice. Par exemple, l’article 51 de la constitution qui ne cesse de faire de divergences interprétations par de nombreux juristes. De l’autre côté, c’est la qualité des magistrats qui est aussi un handicap à faire face. Pour Me Bassirou Barry, ancien ministre de la justice, garde des sceaux sous le feu Général Lansana Conté, magistrat et avocat à la cour, invité de l’émission ‘’œil de lynx’’, ce n’est pas le moment idéal de parler d’une nouvelle constitution en Guinée et reste insatisfait de la formation de certains magistrats.
Pour permettre au Président de la République de briguer un 3ème mandat ou de soumettre à référendum une nouvelle constitution, certains juristes soutiennent qu’il peut proposer à cet effet en se basant sur la constitution actuelle et d’autres sont catégoriques sur la question.
« Si on voulait résumer tout ce débat, on peut le faire à travers une seule question. Est-ce que le Président de la République a le droit de violer la constitution ? Il y a eu des propos et discussions que vous savez autour de l’article 51. J’ai été profondément déçu par le niveau juridique des débats. Prenez cet article, il dit : le Président de la République peut après avoir consulté le Président de l’Assemblée Nationale soumettre à référendum tout projet de loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics…. La mission de la constitution dans tous les pays du monde n’est pas de fixer les règles du co-fonctionnement des pouvoirs publics mais plutôt de fixer les règles qui gouvernent le fonctionnement de l’Etat. On ne peut pas donc parler d’une nouvelle constitution en Guinée à mon humble avis », a défendu Me Bassirou Barry.
Constatant la lourde responsabilité que doivent jouer les magistrats dans l’appareil judiciaire, l’ancien ministre de la justice de 1985 à 1992 observe tout de même assez de manquement dans la qualification de ces derniers. « Notre justice comporte beaucoup d’insuffisances. Il ne faut pas avoir peur de le dire mais il faut avoir le courage et l’honnêteté de le dire parce que c’est ça l’intérêt du pays. L’intérêt du pays n’est pas de cacher la vérité parce que si on cache la vérité, on ne peut pas rectifier les erreurs. Deux mots minent notre justice, ce n’est pas par démagogie que je dise, il s’agit de l’insuffisance de la formation professionnelle des magistrats et la corruption. Ce n’est pas de dire qu’il n’y a pas des magistrats qui sont bien formés. Mais malheureusement, ils ne sont pas la majorité», a-t-il remarqué.
Pour trouver solution à ce problème, Me Bassirou Barry, avocat à la cour pense qu’il faut de nouveau reprendre de façon vigoureuse la politique de formation des magistrats. Selon lui, c’est le moment d’envoyer ces magistrats se former ailleurs dans des pays qui ont les mêmes traditions que la Guinée mais qui ont depuis longtemps des centres de formation des magistrats comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire…
Pour maguineeinfos.com, Mamadou Adama Barry