La semaine dernière, la CEDEAO et l’Union africaine avaient décidé de ne pas envoyer de missions d’observation dans le pays à l’approche des scrutins du 1er mars dernier. Finalement, à quarante huit heures des élections législatives et du référendum, le chef de l’État était obligé de repousser de deux semaines les deux scrutins. Une manière de permettre à la CEDEAO d’envoyer une mission technique auprès de la CENI en vue d’assainir pourrait-on dire le fichier électoral. Déjà, l’opposition politique affiche son doute et veut que l’OIF, l’UA et le PNUD prennent part à l’opération.
Dans une déclaration rendue publique ce mercredi à Conakry, l’opposition politique a remercié la CEDEAO pour l’intérêt qu’elle porte à l’assainissement du fichier électoral gage dit-elle d’une élection juste et transparente. Néanmoins, l’opposition a tout de même des réserves : « Elle note, cependant, que les termes de référence de cette mission technique n’ont pas été précisés dans la lettre du commissaire de la CEDEAO qui annonce la mission », rappelle-t-elle.
Autre inquiétude soulevée par l’opposition, c’est la présence de certaines personnes dans cette mission technique de la CEDEAO. Selon elle, leur collaboration avec la CENI et le pouvoir serait notoirement connue : « C’est le cas notamment de monsieur Tall et de monsieur Moussa Abdou qui ont collaboré avec la CENI depuis de nombreuses années dans les précédentes révisions et même dans le choix du matériel et des logiciels utilisés dans la révision des listes électorales en 2019 », a-t-elle fait savoir.
C’est pourquoi elle exige que l’Organisation internationale de la Francophonie, l’Union africaine et le Programme des Nations-Unies pour le Développement soient associés à l’audit du fichier électoral qui divise aujourd’hui la classe politique guinéenne. Au cas contraire, les opposants préviennent : « L’opposition n’acceptera pas les conclusions d’une mission d’appui technique à la CENI que si celles-ci sont conformes aux objectifs définis dans les différents communiqués de l’UA, de la CEDEAO et de l’OIF ».

Mohamed Lamine Souaré
Pour maguineeinfos.com