La bataille judiciaire engagée par le Front national pour la défense de la constitution contre l’État guinéen, la commission de la CEDEAO et quatorze des quinze pays qui la composent, est d’une importance capitale pour les protagonistes. La requête déposée par le FNDC s’articule au tour du projet de nouvelle constitution et la « violation » des droits de l’homme par le régime actuel. La première audience s’est ouverte hier jeudi devant la Cour de la CEDEAO à Abuja au Nigeria. Interrogée ce matin par nos confrères d’Espace FM, la cheffe de cabinet du chef de file de l’opposition guinéenne a fait le point de la situation.
Nadia Nahman puisque c’est d’elle qu’il s’agit, est revenue sur les raisons de la démarche du FNDC devant la Cour de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest : « C’est pour s’opposer au coup d’État constitutionnel en cours, dénoncer la répression sanglante des droits de l’homme sous le magister d’Alpha Condé. Or, il se trouve que la CEDEAO est investie de la mission de garantir le respect des droits de l’homme et de protéger l’ordre constitutionnel dans les États en cas de défaillance », rappelle-t-elle.
D’après elle, le FNDC a préféré la voie légale aux armes contrairement à d’autres entités dans certains pays. La cheffe de cabinet de Cellou Dalein Diallo a par ailleurs fait remarquer que ledit front n’a pas eu gains de cause en Guinée, raison pour laquelle il a saisi la Cour de la CEDEAO : « Nous avons épuisé toutes les voies de recours interne au niveau de la Cour constitutionnelle qui a failli à son rôle de gardienne de la constitution, et qui a refusé de dire le droit. La Guinée en plus de violer sa propre constitution, viole également le droit de la CEDEAO dont les États sont les garants et les protecteurs », a-t-elle lâché.
Le pays est actuellement plongé dans une crise sans précédent. Les législatives et le référendum qui étaient initialement prévues le 1er mars dernier, sont contestées par le FNDC qui regroupe la crème de l’opposition et une bonne partie de la société civile. Pour Nadia, en cas de jugement favorable au FNDC, les deux scrutins seront annulés : « Si la Cour de la CEDEAO accède à notre requête, ni le référendum, ni les législatives n’auront lieu. C’est-à-dire que ce double scrutin sera suspendu, le temps pour la Cour d’examiner le font de notre requête, et c’est une course contre la montre qui s’engage pour le pouvoir », pense-t-elle.
Le 19 mars prochain, la Cour de la CEDEAO rendra son jugement dans cette affaire, a indiqué la cheffe de cabinet de Cellou Dalein Diallo.
Mohamed Lamine Souaré
Pour maguineeinfos.com









