Le président du parti Alliance pour le Renouveau National ARN, pense qu’il y a un problème à la CENI que l’on arrive toujours pas à résoudre. Lors d’un entretien téléphonique ce mercredi, 27 mai 2020, Honorable Me Pépé Koulémou, a douté fort de la neutralité de l’homme, nouvellement installé dans ses nouvelles fonctions de président de la Commission Électorale Nationale Indépendante, quand on sait que le pouvoir exécutif a toujours donné des ordes à cette institution.
Très peu connu par certains acteurs politiques du pays, M. Kabinè Cissé a été néanmoins élu hier avec 16 voix sur 17. Désormais, ce commissaire issu de la société civile guinéenne, a pour privilège de diriger l’instance chargée d’organiser les élections en République de Guinée. Interrogé sur cette élection, cet opposant au pouvoir d’Alpha Condé, exhorte le tout nouveau remplaçant de feu Me Salifou Kébé, de mériter la confiance de ses pairs, tout en sachant qu’il n’appartient ni à la mouvance, moins à l’opposition.
« Ne connaissant pas trop l’homme, je ne peux dire quelque chose sur lui en toute vérité. Mais ce qui est à recommander, puisqu’il a été désigné par la société civile et que longtemps il a travaillé à la CENI, c’est d’avoir pleins d’expériences. À ce titre, l’espoir serait permis, s’il restait effectivement dans le cadre de cette société civile, d’un citoyen neutre qui n’appartient ni à un parti de la mouvance non moins à celui de l’opposition», a indiqué le président de l’ARN.
Très souvent, le constat révèle que les Guinéens une fois nommés à la tête d’un organe quelconque afin de le représenter, oublient qu’ils doivent incarner la confiance de manière à protéger leur honneur. Et, s’agissant du cas de la CENI selon Me Pépé Koulémou, celui-là qui doit arriver doit comprendre qu’il sera arbitre, vis-à-vis de l’opposition et de la mouvance.
« Malheureusement, une fois que quelqu’un est nommé commissaire, dès qu’il devient président, il se rallie à la majorité présidentielle. Ce qui est un danger non seulement pour la paix sociale, mais également sur le terrain politique et surtout démocratique car cela compromet les élections», a déploré le député de la 9ème législature, avant d’indiquer que dès lors qu’un commissaire est élu et vient de la société civile, il ne doit pas être soumis à la décision même du Président de la République.
Pour donc préserver l’intégrité non seulement de la personne de Kabinè Cissé et de l’institution qu’il doit désormais diriger, Me Pépé n’a pas manqué de conseils à l’endroit d’un frère d’outre mère.
« M. Cissé, qu’il soit de Macenta ou ailleurs, doit comprendre qu’il doit être au dessus de l’ethnie afin de voir l’intérêt général du peuple de Guinée. Il ne doit non plus se rallier à un leader politique parce qu’il est Malinké, Peuls, Soussou ou Forestier. À mon avis, il doit comprendre qu’il est à la tête d’une institution indépendante et élu par ses pairs. Et pour cela, il ne doit pas se laisser faire dicter des instructions du pouvoir central, et donc du Président de la République», a laissé entendre Honorable Me Pépé Koulémou.
Sâa Robert Koundouno pour maguineeinfos.com
