La Guinée est aujourd’hui l’un des pays les plus touchés de la pandémie de Coronavirus en Afrique subsaharienne. Plus les jours passent, plus le pays s’enfonce dans les geôles de la maladie avec le ratio des cas d’infection qui monte en flèche ce, à quelques mois seulement de la présidentielle d’octobre prochain.
C’est un regard croisé des acteurs impliqués dans le processus électoral dont le poids de la COVID-19 impacte plus d’un. Si certains restent encore dubitatifs sur la tenue du scrutin présidentiel vu les manœuvres du pouvoir de Conakry qui pensent-ils, avoir un dessein sournois pour profiter de la maladie afin de jouer sur le calendrier électoral, d’autres par contre demeurent optimistes. À les en croire, tout est jouable d’ici octobre même si cela paraît difficile de gérer la pandémie en juxtaposition avec une élection et de surcroît la présidentielle.
« La COVID-19 c’est une pandémie qui a touché tous les aspects de la vie du Monde, donc la Guinée ne fait pas exception. Mais la solution, c’est d’être réaliste pour pouvoir gérer le processus électoral surtout face aux activités qui sont impératives ou vitales dans la vie d’une nation. C’est difficile de généraliser tout, il faut adapter chaque contexte en tenant compte du système précis, la période, l’impact sur le milieu”, a dit Dr Saliou Bella Diallo, porte-parole de la mouvance présidentielle.
De l’avis des ténors de l’opposition qui ont boycotté le double scrutin du 22 mars, la COVID-19 n’est pas le seul impact étant donné que le contentieux autour du fichier électoral n’est pas résolu. Pour eux, les échéances électorales de la présidentielle peuvent être tenables si toute fois le fichier est assaini.
« Vous savez c’est quoi le plan du processus électoral ? Où on est là, on a aucune idée parce que la CENI n’a pas parlé et le gouvernement non plus. La seule chose qu’on puisse savoir, c’est que la constitution de 2010 dit que la fin du mandat c’est octobre. Donc politiquement on ne peut rien savoir si rien n’est proposé. Il y’a un contentieux électoral qui est né le 22 mars et est couché quelque part et personne n’en parle. Déjà la question c’est, est-ce qu’on va assainir le fichier. Donc il est très difficile de parler de l’impact de la COVID-19. Cette pandémie impacte sur toute la vie de tous les pays du Monde », argumente Aliou Condé, membre du bureau politique de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (l’UFDG).
Pour la CENI, la Covid-19 est une entorse au processus. Son impact est mesurable à plusieurs niveau notamment la formation des démembrements, le toilettage du fichier, le retour de l’opposition radicale et la tenue du scrutin sans oublier la campagne électorale.
« La CENI doit former plus de 5000 personnes pour les démembrements et les salles en moyennes par les services décentralisés, 200 à 300 personnes. Et quand on dit de ne pas regrouper plus de 10 personnes, on aura combien de groupes pédagogiques alors que d’habitude, nos salles accueillent de 50 à 100 personnes. Donc il y a un impact par rapport au temps de formation des démembrements. Deuxième impact, c’est l’aspect lié à la campagne électorale. Comment cette campagne va se faire surtout que d’habitude, ce sont des véhicules, motos et une forte mobilisation de la population. Ce qui signifie qu’il y aura impact à ce niveau parce que si ailleurs on peut utiliser les réseaux sociaux, en Guinée ce sera vraiment compliqué. Et après tout ça, il y’a le jour du scrutin. Si nous suivons le processus, les délais vont se multiplier par rapport à l’objectif. Donc cela va impacter techniquement », a expliqué Dr Alassane Makanera, commissaire à la CENI.
Avant le double scrutin, la Guinée ne comptait qu’un seul malade de COVID-19. A date, le pays devient un foyer pour la maladie avec à la clé, 3446 cas confirmés et 21 décès dans les centres de prise en charge (Rapport de l’ANSS du 26 mai 2020)
La question qui se pose désormais, est de savoir si la présidentielle pourrait être organisée avant la fin de cette crise sanitaire. .
La réalisation de cet article est une initiative de Search For Common Ground en Collaboration avec le NDI (National Democratic Institute) sur financement de l’USAID.
BAH Mohamed
Pour maguineeinfos.com
