En conférence de presse ce vendredi, 12 juin 2020, consacrée à la journée internationale contre le travail des enfants,  Me Thierno Souleymane  Barry, a indiqué qu’il y a un grand fossé entre l’application des textes et les  conventions dans le cadre du respect des droits des enfants. Selon ce spécialiste, cette réalité s’expliquerait par le caractère très conservateur de la société guinéenne. C’est pourquoi il sollicite la conjugaison d’efforts des familles, de l’État et de tout le monde afin de  juguler ce fléau.
L’occasion a été mise à profit par  Amnesty International Guinée pour débattre des questions liées au travail des enfants, notamment le travail domestique. Après avoir dénoncé plusieurs cas de violation de ces droits, ce spécialiste a laissé entendre que l’abolition de ce travail reste jusqu’ici,  une préoccupation majeure. C’est pourquoi il opte plutôt pour la protection de cet enfant et du travail qu’il exerce.
« Il y a fort à faire au niveau du travail des enfants. Moi, mon approche sur ce sujet, est une approche un peu plus pragmatique. Je ne suis pas très souvent abolitionniste, mais si on regarde le cas spécifiquement guinéen, je crois qu’il y un travail à faire. Dans la plupart des ménages, même intellectuels, les enfants font des travaux qui ne peuvent même pas être faits par un adulte, cela frise l’exploitation et qui doit être interdit et le rôle de l’État, est essentiel à ce niveau. Donc on peut aller vers la sensibilisation, mais rien n’empêcherait d’aller vers la répression, parce que faire travailler un enfant 24 heures sur 24 n’entre pas dans le cadre de son éducation », a fait savoir Me Souleymane.
La non application et la démission à tous les niveaux, quant à la prise en compte de ces droits des enfants, constituent un blocus dira l’avocat. C’est pourquoi dans son intervention,  a indiqué que  pour réussir à ce combat, il faudrait que la volonté soit multidimensionnelle.
« Il y a une démission collective aujourd’hui, mais c’est à prendre avec des pincettes, car il y a le cadre familial. Quelqu’un qui est au village qui voit son enfant aller à Conakry peut considérer que cet enfant a un avenir radieux, alors que ce n’est forcément pas le cas. C’est pourquoi, la lutte contre le travail des enfants doit être des activités multidimensionnelles. D’abord, en direction des parents, les ménages qui les accueillent,  le rôle des familles, celui  de l’État et de tout le monde afin de juguler ce fléau », a-t-il recommandé.
A l’en croire, dire qu’on va abolir le travail des enfants, bien que cette abolition constitue une thèse occidentale ne   résoudra pas  la question. Il faut tout simplement envisager toutes les formules, surtout celles qui consistent à protéger les enfants dans leur travail.
Sâa Robert Koundouno pour la  maguineeinfos.com