Très malades, sans abris, affamées, c’est la situation  des  commerçantes guinéennes bloquées au Sénégal depuis maintenant trois mois. Malgré ce calvaire, certaines femmes ont accouché dans ces circonstances peu honorables et d’autres sont aussi en état très avancé.

Faute de payement de loyer, plusieurs se sont retrouvées dehors. Pire, ces femmes n’ont plus de moyens de se nourrir. Ce qui les a conduit à revendre une bonne partie de leurs marchandises afin de pouvoir manger.

Depuis l’entrée en vigueur de l’état d’urgence sanitaire décrété par Alpha Condé, plusieurs guinéens se retrouvent dans des conditions non souhaitées en dehors du pays. Ces commerçantes bloquées au Sénégal par exemple ne savent plus sur quel pied se tenir, compte tenu de la non assistance du Gouvernement guinéen. Joint au téléphone par notre rédaction, Mariama Dalanda Sy, fracturée à la jambe et alitée à Dakar nous parle de leur mésaventure.

《On se porte très mal. On souffre énormément. On a même pas quoi manger. On revend nos bagages pour manger. Le loyer et la nourriture sont très chers. Personnellement je suis malade, je me porte très mal. J’ai fait une crise cardiaque ici, après celà, je me suis fracturée au niveau de la jambe》, nous a t-elle fait savoir.

Allées dans le cadre du commerce, ces dizaines de femmes se retrouvent très coincées et sans soutiens. D’où, leur crie à l’aide.

《On était venues acheter des marchandises dans deux semaines et rentrer au pays. Du coup on s’est retrouvées coincées ici. Dans l’ensemble du groupe, on se porte très mal. Personne ne souhaite se retrouver dans une telle situation. On est delogées, faute de payement. On a plus à manger, on a plus d’argent》, a témoigné la porte-parole de ces sans abris, avant de décrire le calvaire d’autres femmes, dont la situation est très particulière.

《Parmi le groupe, il y avait quatre femmes enceintes et les trois ont accouché. L’une d’entre elles a perdu le bébé》, renchérit-elle.

Une situation qui devrait  sans délai préoccuper l’Etat guinéen. À défaut, il risque de ramener des cadavres dans le pays, poursuit-elle.
《L’Etat doit nous ramener dans notre pays dans la dignité, nous sommes des guinéennes. S’il  ne nous ramène pas vivantes, il ramènera des cadavres, parce que là, on a plus d’argent pour se nourrir》,nous a confié Mariama Dalanda Sy.

Très chamboulées par la sourde oreille de Conakry, ces femmes disent ne plus savoir quoi faire pour se faire entendre. Car, affirment-elles, les autres pays de la sous région ont déjà fini de rapatrier leurs citoyens .

Siradio Kaalan Diallo pour maguineeinfos.com