Depuis plusieurs années, le débat politique en République de Guinée reste crispé au risque de dire qu’il est complètement cadenassé à cause du jeu politique entre le pouvoir de Conakry et les ténors de l’opposition. Entre manifestations récurrentes et calculs politiques, on a tendance à penser à un avenir politique mort-né.

 

Des accords politiques constamment échoués aux dialogues tardifs entre opposition et mouvance présidentielle. Ces derniers moments donnent l’impression de voir une Guinée où l’avenir du débat politique perd son sens normal, celui de la contradiction d’idées.

 

Pour parler de l’avenir du débat politique dans le pays, tout porte à croire aujourd’hui que la réticence des opposants sur les questions de dialogue pourrait conduire à l’extinction de plusieurs principes démocratiques. Il s’agit par exemple du pluralisme politique comme le cas de l’actuelle Assemblée Nationale où la contradiction au sein du débat n’est plus de mise vue l’absence des députés issus de l’opposition radicale. Ces partis ont refusé de participé aux dernières législatives du 22 mars 2020. Les conséquences de la naïveté des opposants qui ont boycotté ce double scrutin du 22 mars pourraient tordre le débat politique dans l’avenir laissant le champ libre au jeu du pouvoir qui risque d’exploiter la situation en sa faveur. La majorité présidentielle au parlement est illustration parfaite.

 

La politique de la chaise vide en Afrique paie toujours mal. Elle joue toujours en faveur de l’adversaire et dégrade drastiquement le pluralisme politique. Le débat prendra à cet effet, un sens unique où même les élections risqueront de ne plus être inclusives, vue la nature des choses.

 

Déjà, nous nous souvenons encore de l’échec du dernier dialogue politique qui avait pour mission de décrisper la tension entre opposition, mouvance et société civile. Un dialogue qui consistait à amener tous les acteurs politiques à prendre part au double scrutin du 22 mars dernier. Malheureusement qui a été enfin boudé par certains partis de l’opposition,  notamment ‘UFDG et l’UFR.

 

Et même la récente main tendue du chef de l’État pour une élection présidentielle inclusive est en passe d’être déviée par bon nombre d’opposants qui crient toujours à l’état morose du fichier électoral. Ils posent de condition participation qui s’ouvrent entre  autres sur la dissolution pure et simple de l’actuelle Assemblée Nationale, le rétablissement de la constitution du 07 mai 2010, la mise en place d’un fichier électoral consensuel et le renoncement d’Alpha Condé à un troisième mandat.

Aur regard du contexte actuelle marqué par les réclamations de l’opposition et la volonté du pouvoir à organiser la présidentielle, le risque de manifestation reste élever en prélude au 18 octobre 2020, date retenue pour l’élection d’un nouveau président.

 

La réalisation de cet article est une initiative de Search For Common Ground en Collaboration avec le NDI (National Démocratic Institute) sur financement de l’USAID.