La situation à Conakry au lendemain du scrutin présidentiel est dépourvue de tout commentaire. Des scènes de violences naissent partout dans la capitale et dans  certaines villes de l’intérieur du pays, 72 heures seulement après la tenue de l’élection présidentielle. Des cas de morts et de blessés sont signalés à quelques endroits.
Après l’autoproclamation de la victoire du président du principal parti d’opposition et la proclamation de quelques résultats par la CENI, tout semble à l’envers dans la capitale guinéenne. De lundi, 19 à mercredi, 21 octobre, on dénombre une dizaine de morts et plusieurs blessés par balles.

Sur la route le prince réputée comme un foyer de tensions, les échanges de pierres contre des bombes  lacrymogènes et parfois des tirs à balles réelles ont atteint une proportion assez inquiétante. Des postes armés( PA) mis à sac, des pick-ups de la gendarmerie calcinés, des manifestants tirés à bout portant dont la plupart décèdent, des domiciles de certains citoyens pillés, voilà l’atmosphère qui surplombe la commune de Ratoma et environs.

En ce mercredi, de vives altercations sont nées entre militants de l’opposition et forces de défense et de sécurité dans la zone. De Hamdallaye à Bailobaya, les  deux camps s’affrontent violemment et les dégâts pleuvent, de part et d’autres. Sur le tronçon Hamdallaye-Bambeto – Cosa, les manifestants plient des PA, mettent en déroute des agents qui contreattaquent à leur tour. Dans ces accrochages insolites, des jeunes tombent sous les balles. Même constat sur la voie Cosa-Wanindara.

Une fumée s’est emparée des axes et les échanges continuent entre les protagonistes. Dans les trois quartiers que compose Wanindara, des vidéos qui tournent en boucle sur la toile, montrent des agents munis de kalachnikovs tirant à bout portant. Plusieurs jeunes sont touchés par balles, selon des témoins qui gardent encore quelques étuis. De Sonfonia à Bailobaya, un pick-up des agents a subi la colère des manifestants qui l’ont intégralement calciné, avant de prendre en otage tous les quartiers et environs.
Au moment où nous mettons en ligne ce texte, l’intifada entre agents et jeunes manifestants continue et enfonce davantage le bilan des dégâts et augmente le nombre de blessés et de morts.

Bah Mohamed et Siradio Kaalan Diallo pour maguineeinfos.com