C’est avec un visage d’un père désespéré et d’une grande sœur abattue de douleur que nous nos reporters ont trouvé ce jeudi la famille d’une des victimes des tueries post électorales. Mamadou Lamarana Diallo pleure un fils de grands rêves. Salimatou Diallo, elle, perd un jeune frère très intime. Dans cette famille au quartier Carrière, la désolation est lisible sur tous les visages.
Selon les informations recueillies auprès de la famille éplorée, le jeune Abdoulaye Diallo, élève, était allé jouer au ballon. C’est donc là-bas qu’il a rencontré ses assassins. Dans un entretien que les parents nous ont accordé, les circonstances de la mort du jeune ont été mises à nu.
» j’étais couchée dans ma chambre lorsque mon frère est venu me demander s’il peut prendre le repas qui est sur la table et manger. Je lui ai dit oui. Il a pris une seule cuillère et puis il m’a dit qu’il n’a pas d’appétit. Il m’a dit de lui offrir de l’argent si j’en ai, pour qu’il aille acheter à manger. Je lui ai donné 5.000GNF. C’était aux environs de 15 heures », a rappelé Salimatou Diallo, pendant que tout allait bien dans la famille.
Après la sortie de son frère de la maison pour aller « jouer au ballon « , Salimatou a continué son repos dans sa chambre. Vers 15h, elle entend des cries vers Hamdallaye concasseur. Les gens lui font croire que c’est de la joie que célèbrent certains militants de l’UFDG. Mais en fin de compte elle finit par savoir que son jeune frère, « ami » a reçu une balle sur la poitrine.
» A partir de mon lit, j’ai entendu des cries. Je suis subitement sortie et j’ai demandé. Les gens m’ont dit que c’est la joie à Hamdallaye. Convaincue, je suis rentrée me coucher à nouveau. Et quelques minutes, j’entends d’autres cries. Je sors encore. Cette fois, lorsque j’ai demandé, on m’a dit qu’ils ont tiré sur trois jeunes du quartier. J’ai demandé qui sont ces jeunes ? Je suis restée sans être répondue. Du coup, je me suis dirigée vers le PA qui est dans ce quartier. Mais en ce moment, les policiers lançaient des gaz partout. Les gens m’ont dit de rentrer. J’ai dit que je ne rentre pas sans voir mon frère. J’ai forcé pour aller au carrefour en demandant. C’est là que certains m’ont dit que mon frère a reçu une balle sur sa poitrine. De là, je suis allée à la mosquée pour chercher à le voir. Une fois là-bas, on m’a dit qu’il est à l’hôpital de Matam. En suite j’ai aperçu un taxi. Dès qu’ils ont ouvert la portière, j’ai aperçu mon frère couché, déjà mort », a expliqué la sœur de la victime.
Pour sa part, le père d’Abdoulaye a appris la triste nouvelle pendant qu’il était au travail. Une information qui a tout changé dans sa journée.
» Moi j’étais au travail. C’est ma fille ( Salimatou) qui m’a appelé au téléphone pour me dire qu’ils ont tiré sur mon fils. J’ai directement bougé pour revenir. Arrivé au niveau du carrefour de carrière là, j’ai vu le taxi qui transportait mon fils qui était déjà mort. Certains ont dit d’amener le corps à la mosquée. Mais j’ai ordonné à ce qu’on l’amène à la morgue de l’hôpital Ignacee Deen. Le parti UFDG a été informée et les responsables ont dit qu’ils prendront les frais en charge. Donc nous attendons leur signe pour procéder ensemble à l’enterrement », témoigne Mamadou Lamarana Diallo, père de la victime.
Au micro de maguineeinfos.com, la famille d’Abdoulaye Diallo demande justice pour son fils.
Dossier réalisé par Siradio Kaalan Diallo et Bah Mohamed
