Kozo Zoumanigui, étudiant rencontré au centre ville en face de l’université Julius N’yéreré de Kankan, soutient la démarche du candidat autoproclamé de l’alliance nationale pour l’alternance et la démocratie (ANAD).
« Moi je pense qu’il (Cellou Dalein Diallo) est dans son plein droit. Une fois qu’il a participé à l’élection, je crois il à son avis, il sait comment le scrutin s’est déroulé et s’il a des doutes et des réserves, il a le droit de faire son recours à la cour constitutionnelle. C’est ce que je trouve normal au lieu de faire appel aux gens pour sortir dans la rue», a-t-il apprécié.
Plus loin, il invite la cour constitutionnelle vers laquelle tous les regards sont rivés, à prendre ses responsabilités avant de trancher.
« Pour essayer d’établir la justice et la paix dans le pays il faudrait que la Cour soit dans son rôle de trancher lorsque la vérité est là. Mais si la Cour se prononce autrement c’est-à-dire si le verdict n’est pas conforme à la réalité du terrain, les gens vont refuser et faire ce qui les semble bon. Donc c’est à la Cour Constitutionnelle de nous épargner le pire dans ce pays. Vraiment cela demande beaucoup de responsabilité de la part de nos chers juges de la Cour Constitutionnelle », a-t-il ajouté.
Ibrahim Diaby aussi citoyen rencontré dans les périphéries de la ville de Kankan, souhaite pour sa part que ce scrutin qui a été fortement entaché d’irrégularités notamment en haute Guinée, soit complètement annulé par la Cour Constitutionnelle comme le recommande l’opposition.
« Quand on analyse les résultats de l’élection présidentielle en Haute Guinée, on dirait qu’en 5 ans, il n’y a eu aucun décès. Pendant le vote, il n’y a eu aucun bulletin nul. À Faranah même par exemple, on parle de 107% de taux de participation. C’est à la fois incroyable et inacceptable. Si on applique la loi dans toute sa rigueur, la Cour Constitutionnelle doit annuler toute cette élection, parce qu’elle n’a pas été bien faite. Particulièrement en Haute Guinée, les gens, ils ont voté dans la pagaille », a-t-il soutenu.
Cependant toujours dans les faubourgs de la ville, on en trouve aussi une poignée de personnes, qui s’opposent catégoriquement à cette fameuse requête de l’opposition. C’est le cas par exemple de Kabinet Condé, ferrailleur rencontré non loin du grand rond-point de Chérifoula.
Selon lui « C’est une folie de demander d’annuler ces élections en haute-Guinée. On ne peut pas parler de la Guinée, sans la Haute-Guinée. La Guinée est un tout. Cette requête pour nous n’est qu’insensée et j’ai confiance en la Cour Constitutionnelle de notre pays. Je suis certain, qu’elle est bien assez consciente de l’enjeu. Ça y va de l’unité territoriale de notre pays », prévient-il.
Il faut rappeler que selon les informations qui circulent, il se pourrait que la Cour Constitutionnelle rende sa décision, lundi 9 novembre 2020.
