Le conseil national des organisations de la société civile ainsi que d’autres plateformes, ont profité d’une conférence de presse mercredi 18 novembre dernier, pour passer en revue l’actualité socio-politique de la Guinée. Ils condamnent l’emprisonnement des opposants et demandent la dissolution de l’Assemblée Nationale.

Au dela de la dissolution du parlement guinéen inscrite comme principale recommandation de ces plateformes de la société civile, le président du CNOSC s’est prononcé sur les interpellations massives des opposants au pouvoir de Conakry ces dernières semaines. Cela heurte dangereusement le dialogue et affecte la paix dit-il, avant de demander leur libération.

« Nous sommes contre toutes formes d’arrestations arbitraires, et d’ailleurs nous jugeons inopportunes ces arrestations, parce qu’en réalité, quand on veut aller à la paix, il faut poser des actes en faveur de l’apaisement. Et la justice était toujours présente depuis le 19 octobre. Les exactions ont été commises bien avant les élections mais c’est maintenant là on parle d’arrestation de certaines personnes. Nous estimons que ça ressemble à une instrumentalisation de la justice et nous dénonçons cela », a dit Dansa Kourouma.

Poursuivant, l’activiste ouvre une autre fenêtre sur la main tendue du président Alpha Condé. Pour lui, cette main pourrait servir, si toute fois le gouvernement ne cherchait par tous les moyens, à anéantir l’opposition.

« La justice a le plein droit d’approfondir ses investigations. Mais ces interpellations massives, nous les remettons en cause, la raison est toute simple, on ne peut tenir des discours d’apaisement et affirmer une volonté à aller en faveur d’une paix durable et poser des actes qui ravivent la vie sociale. Nous jugeons cette démarche du gouvernement incohérente par rapport à la demande de la population aujourd’hui qui est d’avoir une gouvernance apaisée, où la justice fait son travail. Quelque soit les justifications, on est contre le harcèlement, les exactions et les arrestations arbitraires contre les représentants de l’opposition, parce que s’il n’ya pas d’opposition dont l’espace de liberté est garanti, y’a pas de démocratie. Si ya pas d’opposition qui jouit de toute ses libertés nécessaires, la démocratie est une illusion », a-t-il tranché au micro de maguineeinfos.com.

Il faut rappeler que la dernière vague d’interpellation d’opposants implique des cadres de l’UFDG, l’ANAD et du FNDC. Ils sont cités à comparaître, pour répondre des chefs de fabrication, acquisition, stockage, détention et usage d’armes légères et de guerre, détention de munition, menaces et association de malfaiteurs. Et depuis leur inculpation, ces opposants à la réélection d’Alpha Condé séjournent en prison à la maison centrale de Conakry, en attendant l’ouverture d’un procès.

Bah Mohamed pour maguineeinfos.com