Arguments contre arguments, des jeunes ont durant plusieurs heures, débattu ce samedi, 09 décembre, sur les violences basées sur le genre notamment, l’excision qui est devenue un phénomène très inquiétant auquel le monde fait face en le combattant avec toutes les armes possibles. Il s’agit de l’initiative d’une journaliste bloggeuse, dont le seul objectif est de lutter contre les violences de tous genres que les femmes et filles font l’objet au quotidien dans les ménages en République de Guinée.

Autour donc de ce débat qui brise le tabou sur des questions jugées sensibles par des communautés, deux groupes de jeunes  composés d’hommes et de femmes, ont exposé sur l’excision. Le premier groupe qui est pour cette pratique considérée comme un crime par le camp adverse a brandit ses arguments pour défendre sa position.

« Il faut d’abord qu’on essaie de savoir si la pratique de l’excision a un inconvénient ou un avantage. Et quand on fait l’évaluation, on peut aussi essayer de voir si les problèmes de santé et autres en ressortent réellement. Ce qui n’est pas totalement vrai, parce que sincèrement, depuis le 18ème siècle chez nous, beaucoup de nos mamans ont connu cette pratique, mais elles avaient au moins une dizaine d’enfants. Et pourtant ce cas a été pratiqué sur elles, mais elles ont vécu pendant longtemps sans problèmes de santé « , a argumenté Ibrahima Mansaré, un des débatteurs qui est pour la pratique de ce vieux métier.

Une argumentation que l’autre camp qui lutte nuit et jour contre ce fléau, bat en brèche, sort l’artillerie lourde et expose les problèmes et le nombre phénoménal des victimes de l’excision.

« Moi je suis journaliste et j’ai eu à réaliser un documentaire sur l’excision. J’ai passé des moments avec des personnes qui sont passées par cette pratique. Certes dans la pratique de l’initiation, avant ça facilitait l’éducation des enfants, mais l’excision en tant que telle, est un crime. Souvent on dit que si la femme n’est pas excisée elle est souillée, mais c’est faux! Aujourd’hui, beaucoup de femmes meurent au moment de l’accouchement et tout ça est lié à cette mauvaise pratique. L’excision est vraiment un égoïsme de l’homme parce que lui il prend du plaisir et veut à tout prix empêcher la femme d’en avoir pareil, c’est méchant ! », a dénoncé Kadi Touré au micro de maguineeinfos.com.

Côté organisateurs, on se réjouit de la qualité des débats et se prépare déjà à entamer d’autres projets allant dans le même sens. Des projets qui donnent la parole aux jeunes et les emmènent à prendre leurs destins en main.

Aminata Pilimini Diallo, organisatrice de la rencontre

« J’ai organisé ce débat parce que depuis 2015 je suis sur les réseaux sociaux, je suis féministe et beaucoup de questions sont débattues, mais l’excision touche plus les gens que d’autres sujets même sur le viol. Donc j’ai décidé de faire un projet sur ça, alors j’ai eu les membres de Global Media Campaign To END FGM qui ont voulu m’accompagner. Ensuite, J’ai publié sur les réseaux sociaux, l’excision, ceux qui sont POUR ou CONTRE dans un débat face-à-face. Des gens ont commenté et c’est à partir de là, on a sélectionné des débatteurs. Alors vous avez vu ce qui s’est passé et pour moi c’est une réelle satisfaction qu’on ait fait un débat sur un sujet aussi tabou sans qu’il n’y ait eu manque de respect. Chaque camp a sorti son argument et en tout, ça s’est bien passé », s’est réjouie Aminata Pilimini Diallo activiste et initiatrice dudit débat.

Bah Mohamed pour maguineeinfos.com