C’est l’aventure désastreuse d’une jeune fille victime de l’excicion dont nous avons préféré garder l’anonymat. Dans ce récit qu’elle a confié à la rédaction de maguineeinfos.com, mademoiselle X revient sur le film de l’excision dans lequel, elle a été plongée à bas âge contre son gré.

Tout a commencé en Guinée, où la victime habitait avec ses parents. Très jeune, mademoiselle X fut arrachée dans les mains de sa mère, direction le Mali voisin pour subir ce qu’elle appelle, « la plus grave violation de l’intimité de la femme ».
« J’ai été infibulée au moment de l’excision! On m’a arraché dans les mains de ma mère pour m’envoyer au Mali pour m’exciser. Cette pauvre ne savait même pas c’est quoi l’infibulation. Une fille infibulée n’a pas de clitoris ni de lèvres et vulves », a précisé notre interlocutrice qui poursuit, pour rappeler des conséquences de l’excision sur sa propre personne.

De retour au pays après l’acte, cette demoiselle qui aujourd’hui fréquente la faculté de médecine n’est plus la même personne avant son départ pour le Mali. Elle confie sa souffrance au quotidien et raconte sa déception vis-à-vis de cette pratique jugée « criminelle » par certains défenseurs des droits des femmes.

« J’ai subi assez d’infections, d’hémorragies et même quand j’urine, j’ai des complications énormes. Pendant des menstrues aussi, j’ai assez de problèmes parce que parfois, je peux faire 90 jours sans voir mes règles. Il y’a ce traumatisme qui est en moi et, je vie avec », a-t-elle poursuivi à notre micro. C’est pourquoi d’ailleurs, elle dit être « contre l’excision. Parce que je ne vois pas en quoi est-elle importante ? Si c’est pour s’abstenir, j’ai des amies qui n’ont pas été excisées mais elles se sont abstenues jusqu’au mariage. Donc l’excision, ça n’a pas davantage chez la femme », a conclu mademoiselle X.

À quand la fin de cette vieille pratique qui rend la vie difficile et douloureuse à certaines femmes, selon certains spécialistes? En tout cas,  malgré son interdiction, le constat révèle que la pratique se passe dans la plus grande clandestinité et continue toujours à faire des victimes au quotidien.

Bah Mohamed pour maguineeinfos.com