L’eldorado, est cette aventure dans laquelle des millions de jeunes n’hésitent point de se lancer. La Guinée n’étant pas en marge de ce phénomène mondial, verra un de ses fils, comme d’habitude, rapatrié de la France bientôt. Souleymane Sow, puisque de lui qu’il s’agit, a failli mourir comme la plupart de ses camarades lors de traversée, avant de rallier l’Hexagone.

 

 

Dans une interview exclusive qu’il a accordée à nos confrères de France Bleu, ce jeune de 20 ans dit avoir quitté son pays pour se mettre à l’abri des difficultés dont il n’arrivait plus à supporter. Et quand il s’agit de raconter cela, il en perd les mots. <<Je peux vous raconter mon parcours, mais pas ce que j’ai vécu en Guinée. C’est trop dur pour moi. Je veux oublier. Et le raconter me ferait du mal >>, a-t-il entamé ses propos.

Le Mali, l’Algérie, le Maroc et l’Espagne, sont les pays dans lesquels il a passé un temps. Aux dires de Souleymane Sow, la traversée à été cauchemardesque. << J’ai vécu dans la forêt, caché, parce que c’est impossible pour nous de vivre en centre-ville. Les policiers venaient tous les jours à 6 heures du matin. S’ils te trouvent, ils t’attrapent. Et soit ils te ramènent au pays, soit ils te mettent en prison, soit ils t’emmènent dans le désert et te laissent là-bas : c’est à toi de te débrouiller tout seul pour revenir. Alors on se levait à 4h du matin. On tapait des kilomètres pour se cacher quelque part jusqu’à 13h. Puis on revenait pour faire la cuisine et manger >>, raconte-t-il.

Au cours de la traversée, Souleymane Sow a croisé un de ses compatriotes qui, malheureusement, verra son aventure s’arrêter . << Il est tombé malade et ça s’est empiré. Il n’arrivait plus à marcher même deux ou trois mètres. Alors je l’ai porté jusqu’au village voisin […] J’ai dû laisser mon ami, car souvent, quand l’ambulance arrive, les policiers viennent aussi. Je me suis caché dans la forêt. Le soir, j’ai appelé mon ami. Il disait que ça allait, mais j’ai senti à sa voix que ce n’était pas le cas. Après deux ou trois jours, il ne répondait plus à mes appels. Quelques jours plus tard, ils sont venus à la boutique pour dire qu’il était décédé >>, poursuit-il.

Par ailleurs, Souleymane Sow a échappé de justesse à la mort pendant qu’il rejoignait la France via la mer méditerranée. << Le trajet a duré vingt-quatre heures, sur un zodiac, un petit bateau dégonflable. On était 59 sur le bateau. À un moment donné, le bateau s’est dégonflé et a pris l’eau. Les gens ont commencé à crier. C’est moi qui les ai calmés, en disant que ça ne servait à rien, que si on faisait n’importe quoi, on allait perdre notre vie. Quelques temps après, on a vu le bateau de la Marine Espagnole >>, a-t-il fait savoir.

C’est ainsi qu’il est arrivé en France, où il a commencé à se débrouiller dans une boulangerie. Cependant, la Préfecture demande à Souleymane Sow de quitter l’Hexagone d’ici six mois. Car, apprend-t-on, sa demande d’asile a été rejetée.

Mohamed Lamine Souaré pour maguineeinfos.com