Deux ans après les opérations de déguerpissement de Kaporo-rails, Kipé et de Dimess, les victimes ne comptent toujours pas lâcher prise. Ce vendredi 26 février 2021, leur chargé de communication a fait le point de la situation avant d’exiger de l’État le dédommagement.

 

 

Pour Samba Sow, la visite du site de Kaporo-rails par le président de la République et son ministre de la Ville et de l’Aménagement du Territoire, est une ‘’insulte‘’ pour les victimes mais aussi un ‘’tape-à-l’œil‘’.

« Ils se sont rendus sur les lieux pour se réjouir de ce qui s’est passé, en faisant encore miroiter aux Guinéens que si aujourd’hui il y’a des embouteillages un peu partout à Conakry, c’est parce que tout le monde se déplace pour venir à Kaloum, et que dans sous peu, cette situation ne sera qu’un lointain souvenir. Donc, qu’il y aurait le transfert de l’Administration de Kaloum vers Koloma, Kaporo-rails. Mais en réalité, c’est du tape-à-l’œil comme d’habitude. Nous avons regretté leur venue sur les lieux, car c’est une insulte pour les victimes », déplore-t-il.

Par ailleurs, le Collectif des victimes de déguerpissement de Kaporo-rails, Kipé 2 et Dimess, a saisi la juridiction de la Communauté économique des États de l’Afrique l’Ouest (CEDEAO) pour cette affaire. Selon Samba Sow, le pouvoir de Conakry n’a pas « osé » répondre à l’appel de la juridiction. Il s’est contenté de faire disparaître les preuves du déguerpissement. « Le bourreau a fait disparaître l’arme du crime, c’est donc les gravats et autres, aujourd’hui il n’y a que de la poussière. Mais ce n’est plus sous Sékou Touré, nous sommes. Dans nos archives, on a des photos, des images qui peuvent aussi être des preuves devant la juridiction de la CEDEAO, et nous allons rencontrer notre avocat pour voir comment relancer le dossier », annonce-t-il.

Cependant, les victimes n’entendent pas baisser les bras. Elles exigent de l’État le remboursement de leur argent, même si l’espoir est mince. « Nous exigeons le rétablissement des victimes dans leurs droits. Ces terres qui nous ont été retirées de force par le gouvernement, nous appartiennent. Il faut qu’on nous restitue les montants qui ont permis de construire ces bâtiments là. Mais nous savons que sous Alpha Condé, ça ne sera pas le cas, donc pour nous, mieux vaut attendre un autre pouvoir sérieux plutôt que de collaborer avec ceux-là qui n’ont aucun respect pour les Guinéens », se lamente Samba Sow.

Comme Kaporo-rails, Kipé 2 et Dimess, plusieurs endroits de la capitale sont en train d’être démolis par les autorités guinéennes.

Mohamed Lamine Souaré pour maguineeinfos.com