C’est un fait inédit à Labé. Alors qu’elle est mariée et mère d’un garçon d’un an trois mois, Hadja Aissatou Bah est la première femme à se lancer officiellement dans la conduite de Moto-Taxi dans la ville Karamoko Alpha Mo Labé.

La cérémonie de remise officielle du gilet de travail à Hadja Aissatou Bah, a eu lieu ce mardi 09 mars 2021 dans la commune urbaine de Labé en présence des parents de la dame, ainsi que le syndicat des taxis-motos.

Cette femme a choisi le mois de mars, un mois dédiée aux femmes et à l’occasion de laquelle elles manifestent et réclament leurs droits. Elle a eu le courage de franchir la limite réservée aux femmes pour défier les hommes à travers l’exercice de ce métier jusque-là pratiqué uniquement par les hommes. Ses intentions d’exercer ce métier, elle les a fait part au syndicat des taxis-motos, qui ne l’a prenait pas très au sérieux. C’est suite à son insistance, que le syndicat a exigé d’elle, d’entrer d’abord en contact avec ses parents.

«Nous avons demander à rencontrer ses parents, sa maman nous a dit que c’est exactement ça, elle veut exercer le métier. Nous l’avons mis à la disposition des formateurs, elle a fait sa formation. Elle n’est pas autorisée à aller dans les quartiers les plus reculés à plus forte raison dans les sous-préfectures. C’est dans le centre ville qu’on l’autorise à travailler, de 08 heures à 18 heures», a insisté Thierno Pammel.

C’est ainsi donc que Hadja Aissatou Bah qui a été soumise à un test avec 17 autres personnes, à l’issu duquel, elle est sortie première, a eu le feu vert d’exercer son métier de rêve. Elle donne les raisons qui l’ont motivé à pratiquer ce métier.

«J’ai choisi ce métier parce-que ça me plaît. Beaucoup m’ont dit que c’est un travail des hommes mais, il ne s’agit pas de dire que ça c’est un travail réservé aux hommes ou aux femmes. Chacun peut faire le travail qui le tient à cœur pourvu que ce soit un travail digne. Je sollicite les encouragements de tout un chacun», a-t-elle lâché, sourire aux lèvres.

Rouguiatou Diallo, la maman de cette dame avait d’ailleurs, elle aussi voulu se lancer dans la conduite de taxi-auto entre le centre ville et Daka, mais malheureusement l’arrivée des moto-taxis, a vite bouleversé cette autre activité, raison pour laquelle elle n’a pas pu l’exercer.
Parlant de sa fille, elle dit lui avoir posé des conditions qu’elle est obligée de suivre afin qu’elle obtienne son aval.
«Si tu sais que tu pourra commencer le travail à 08 heures et revenir à la maison à 18 heures, tu peux t’engager. Si tu sais que tu ne peux pas respecter cet horaire ne te lance pas. Elle m’a dit maman je suis d’accord avec vous. Que Dieu bénisse son travail».

Le syndicat des taxis-motos dit avoir édicté des directives à tous les chefs de gares en vue de garantir la sécurité de Hadja Aissatou Bah.

«Nous avons dit à tous les chefs de gares, que cette dame est à soutenir et à protéger parce-qu’elle est la seule femme dans ce secteur parmi les plus de deux mille moto-taxis», a laissé entendre Thierno Pammel.

Cependant, cette nouvelle est diversement appréciée par les citoyens de Labé, vu l’insécurité grandissante à la qu’elle sont souvent victimes les conducteurs de moto-taxi à Labé.

La question que les uns et les autres se posent désormais, est de savoir si cette dame pourra s’en sortir dans ce travail que d’autres voient comme un défi.

Mamadou Aliou Diallo pour maguineeinfo.com