Lors du conseil des ministres tenu le jeudi 11 mars 2021, le Président de la République a instruit le Ministre de l’Industrie et des PME à engager, en collaboration avec les Ministres en charge de la Justice et de la Sécurité, des investigations pour identifier et procéder à la fermeture immédiate de toutes les industries et autres fabriques non agréées qui seraient souvent à la base de la production de produits et aliments dangereux pour la santé des populations.

 

 

Cette annonce d’Alpha Condé n’a pas laissé indifférent, le président de l’Union pour la défense des consommateurs de Guinée. Pour Mbany Sidibé, cette mesure est salutaire.

«C’est tout à fait logique, c’est déjà une très bonne mesure. Si déjà les produits qu’ils mettent sur le marché ne sont pas contrôlés, ne sont pas identifiés, si ça trouve que ce ne sont pas de bons produits, je pense qu’il est important de les fermer parce qu’on ne peut pas blaguer à la vie et à la santé des consommateurs, ça c’est pas négociable», affirme-t-il.

Pour étayer les propos du chef de l’État, Mbany Sidibé met à nu les défaillances des unités, qui ne se conforment pas à la loi relative à la fabrication des produits destinés à la consommation.

«La plupart des industriels guinéens ne respectent pas les droits du consommateur parce-que, lorsque vous prenez les emballages des produits vous rendrez compte que y’a beaucoup de mentions qui ne sont pas là-dedans. Sinon on ne peut pas comprendre qu’un produit qui est fabriqué en Guinée qu’on trouve des prix différents sur nos marchés. Ça c’est pas normal par ce que les industriels même devaient faire la publicité de leurs prix unitaires. C’est ça qui allait faire que ces prix là devaient être respectés sur le territoire national», a-t-il dénoncé.

Même si cette mesure du président est salutaire, le président de l’Union pour la défense des consommateurs de Guinée la trouve tardive parce-que selon lui, «ça prouve que les services de l’État ne fonctionnent pas dans notre pays. Sinon on ne peut pas encore croire que dans un Etat souverain peuvent être employées des entreprises, sans avoir un document. Ça c’est déjà extrêmement grave», regrette-t-il.

Pour pallier à tous ces dysfonctionnements énumérés, il faut pousser tous les industriels à être conformes à la loi, parce qu’il est inimaginable et dangereux de laisser des industries «exercer comme ça sans avoir un bout de papier, ça c’est scandaleux, c’est même triste pour notre pays», recommande Mbany Sidibé.

Pour y parvenir, son union est en train de «recouper les normes qui sont dans les autres pays et vraiment pousser le ministère de l’industrie, du commerce à aller vers l’élaboration et l’application des normes», annonce ce défenseur des droits du consommateur.

Mamadou Aliou Diallo pour Maguineeinfo.com