Professeur Djibril Tamsir Niane, éminent écrivain et historien guinéen a rejoint sa dernière demeure ce lundi 15 mars 2021, après de mutiples hommages qui lui ont été rendus au palais du peuple, par le président Alpha Condé, le premier ministre, ainsi que plusieurs autres personnalités guinéennes et étrangères.
Le premier ministre guinéen, après avoir transmis les condoléances du Président de la République, du Gouvernement, et celles du peuple de Guinée, à la famille du défunt, dit regretter une perte inestimable d’un homme qui a consacré sa vie durant, au service de la Guinée, de l’Afrique et de l’humanité entière.
«Grande est notre perte, immense est notre douleur, infinie est notre tristesse mais en croyant, rendons gloire à Dieu qui nous a permis de nous réunir dans cette enceinte, ici, dans la foi de la communion pour rendre un ultime hommage, l’hommage qu’il mérite, à l’homme d’exception que le destin vient de nous arracher.
Tous les témoignages que nous avons écoutés cet après midi, les uns aussi poignants que les autres, ont souligné avec une forte éloquence, le parcours d’un homme qui, par sa naissance, sa famille, ses études et son travail, appartient à chacun et à tous. À la Guinée d’abord, au Sénégal, à l’Afrique ensuite et au-delà à l’humanité toute entière. Le professeur d’histoire qu’il a été, a eu une vie et un cheminement qui ont fait de lui le témoin de notre glorieux moyen âge ouest-africain. L’interlocuteur de l’histoire et de la culture de peuple d’Afrique, du monde, mais aussi et surtout, un homme de toutes les époques», lance avec émotion, Kassory Fofana.
Professeur Niane a œuvré en faveur de l’identité culturelle de l’Afrique et a activement participé à l’implantation et à la consolidation de la démocratie africaine, à travers l’historien et l’écrivain qu’il est, renchérit le chef du Gouvernement.
«Par son métier d’enseignant, le professeur Niane a transmis le savoir à tant des générations d’ici et d’ailleurs. Par son engagement panafricain et l’importance fondamentaux qu’il a accordés aux sources orales dans la production de ses œuvres, il a contribué de manière exceptionnelle et indélébile avant le rusé d’histoire de l’Afrique et l’identité Africaine. Sa vie durant, Djibril Tamsir Niane s’est consacré à réhabiliter la mémoire africaine, à retrouver les paroles et les épopées perdues dans le tréfonds de nos terroirs, à exhumer des vestiges, d’objets et de sites de notre patrimoine piégé par le temps et le sable de l’oubli. Le professeur Djibril Tamsir Niane s’est imposé comme la mémoire vivante de l’Afrique occidentale. Il a tout mis en œuvre pour que les valeurs de la société et de l’histoire africaine puissent nourrir la réflexion pour la construction du futur de notre continent.
C’est ainsi qu’il exhumait la charte de Kouroukan Fouga, la constitution du Manden médiéval pour apporter une réponse matérielle de la société africaine dans l’affirmation de la liberté, la défense des droits humains, la protection de l’environnement et l’équilibre des pouvoirs. S’appuyant sur cette charte proclamée bien avant la déclaration universelle des droits de l’homme de 1789, il défendait avec forte conviction, que les gens actuels de la démocratie, s’y sont inspirés par les contingences de notre époque, trouvent également leur racine dans le passé de notre société africaine», a témoigné le premier ministre.
Le Gouvernement guinéen pour sa part, a promis de veiller aux côtés des acteurs de la culture et de l’Université, à ce que l’immense héritage que le professeur a légué à la Guinée, trouve une place de choix dans les écoles et dans les universités et à la disposition des générations actuelles et futures, a promis Kassory Fofana.
Mamadou Aliou Diallo pour Maguineeinfo.com









