Accueil À LA UNE Pont 8 novembre: si l’État ne peut pas nous trouver un abri,...

Pont 8 novembre: si l’État ne peut pas nous trouver un abri, qu’il nous laisse au moins sous ce point »

Installés depuis plus 5 ans sous le pont 8 novembre, des personnes à mobilité réduite sont sommées de quitter les lieux, même si aucune destination ne leur est indiquée. Tout est parti d’une opération de déguerpissement engagée par le Gouvernement. La semaine dernière, ces dizaines de personnes, dont des pères, mères et enfants ont vu leurs abris raccordés, cassés par les autorités. Depuis lors, cette couche vulnérable et désormais délogée, se demande sur quel pied se tenir.

N’ayant pas où aller, ni quoi manger, ces personnes handicapées se trouvent partagés entre colère et désolation. Pour toucher du doigt cette triste réalité, notre rédaction a dépêché un reporter à la rencontre de ces autres vvictimes.Au micro de maguineeinfos.com, les personnes interrogées ne cachent pas leur pire situation.

« On était à la cité de Solidarité de Jean Paul 2. Mais les autorités sont venues nous dire qu’elles veulent renouveler là-bas, c’est pourquoi on a quitté là-bas pour venir rester sous le pont 08 novembre ici. Et on a fait 7ans ici. Depuis que nous sommes arrivés ici, personne n’est venue vers nous de la part des autorités pour nous assister. A notre grande surprise, des militaires sont venus avant hier nous saccager ici, casser nos baraques. Mais nous aussi ce n’est pas de notre volonté d’être ici dans cet état. C’est la volonté de Dieu. On a pas de soutiens, c’est pourquoi nous sommes là. Donc j’appelle le président de la République à nous aider », se lamente Mamadou Cellou Tounkara, infirme.

Ici, le constat reste le même chez les victimes. Bien manger et vivre sous un toit restent des souvenirs pour ces pères, mères et enfants handicapés.

« On avait rien mais on vivait sans peur. Les autorités sont venues nous déguerpir sous ce pont. On a pas où aller, on a même pas quoi manger. On a rien. Notre situation devient très difficile. Nous sommes très inquiets pour notre vie. Si les autorités ne peuvent pas nous trouver un abri, qu’elles nous laissent sous ce pont au moins. Sinon, ça devient vraiment compliqué pour nous », alerte Mabinty Sylla, aussi à mobilité réduite.

Sous ce pont, on voit des débris de lits, de tôles, de matelas, de valises et tant d’autres objets, brouillés par les agents en charge du déguerpissement. Pour l’heure, a aucune mesure pour venir en aide à ces victimes n’est annoncée par les autorités.

Siradio Kaalan Diallo pour maguineeinfos.com

Quitter la version mobile