La situation de la circulation à Conakry reste l’un des pires calvaires au quotidien des conakrikas. Au niveau des grands carrefours où les véhicules arrivent de tous les horizons, l’on constate des interminables chaînes de bouchons. Une situation difficile mettant à rude épreuve les agents de la police routière. Face à ce terrifiant spectacle routier, policiers et conducteurs expriment leurs ras-le-bol.
Pour toucher du doigt cette autre triste réalité, notre rédaction s’est intéressée au sujet. A travers l’un de ses reporters, nous avons compilé les avis divers des personnes concernées.
La sueur sur le front, le soufflet au coup égrène, les difficultés auxquelles sont confrontées les agents de la police routière dans la régularisation de la circulation restent énormes.
« Nous sommes là pour supprimer les infractions sur la voie publique. C’est à dire, ceux qui viennent sur le sens contraire, ceux qui s’arrêtent à des endroits où on ne doit pas s’arrêter, ceux qui prennent deux personnes devant, ceux qui viennent en troisième position, ceux qui conduisent sans papiers, tous ça c’est très difficile à gérer. Parfois nous sommes débordés », se plaint Commandant Patrice Kamano de la police routière de Bambeto rencontré à son poste de travail sous un soleil de plomb au rond point de Cosa.
Face à l’impuissance des agents de la police routière qui sont souvent en sous effectif pour régulariser seuls la circulation, c’est la CMIS qui vient prêter main forte pour cadrer les conducteurs récalcitrants.
Parlant de l’arnaque policière, devenue monnaie courante en Guinée, notre interlocuteur pense qu’il n’y a aucun mal à prendre ce que les usagers proposent volontairement à sa corporation
« Normalement on a pas besoin de tendre la main à un chauffeur, moi qui vous parle je suis âgé, j’ai honte mais quand tu me tends 500GNF sans que je ne te demande, je prends. Il y a des gens qui sont donateurs, qui disent tenez vous faites un bon travail, moi je vous dirai merci », poursuit-il.
De leur côté, les conducteurs fustigent le comportement des agents de la sécurité routière.
« La police guinéenne ne ressemble à aucune dans la sous région, moi j’ai conduit le taxi au Sénégal, en Gambie et en Serra Leone mais ce que j’ai vu avec les policiers guinéens, nulle part je n’en ai vu. Ici ils ne connaissent que l’argent, l’autre problème y a pas de route et nous les chauffeurs aussi beaucoup ne connaissent pas le code de route et parfois sont de mauvaise foi, c’est pour cela, on va continuer à souffrir encore et encore si on ne change pas » regrette Alpha Sounounou Bah, conducteur.
Malgré les multiples appels au Civisme dans la ville, citoyens et policiers se partagent injures à ciel ouvert, parfois des coups et bagarre.
Mamadou Alimou Barry pour maguineeinfos.com
