C’est une découverte qui dépasse tout commentaire! Notre rédaction a rencontré Yayé Aissatou BARRY dont le physique ne reflète pas le profit et l’expérience professionnelle. A mobilité réduite, cette dame que nous avons rencontré dans les locaux du Gouvernorat de Mamou en tant que fonctionnaire, a bravé tous les échelons pour dans un premier temps, finir ses études malgré les innombrables difficultés rencontrées. Mieux, notre interlocutrice a également percé pour s’arracher une place, pas la moindre. Il s’agit du poste d’Assistante directe de l’Inspecteur régional de l’Action Sociale de Mamou. Au micro de maguineeinfos.com, la fonctionnaire de l’Etat malgré son « handicap » physique,  a relaté son parcours très émouvant.

QUI EST-ELLE ?

Je m’appelle Yayé Aissatou BARRY en service au Gouvernorat de Mamou en tant qu’Assistante de  l’Inspecteur Régional de l’Action Sociale et de l’Enfance (IRASE).

CYCLE SCOLAIRE ET UNIVERSITAIRE (calvaire)

Je suis entrée à l’école en 1993, à l’école primaire du centre 1, appelé aujourd’hui Elhadj Boubacar Biro Diallo et accède au Collège du Lycée Amilcar Cabral (LAC), après avoir décroché mon examen d’entrée en 7ème année en 2000, puis le BEPC en 2004. Le BAC 1 en 2006 et le BAC unique en 2008 où le véritable calvaire de ma vie a commencé. Cette année coïncida non seulement à un bonheur mais aussi à une perte et à un désespoir.

De bonheur, parce que j’avais décroché mon BAC et en même temps être parmi les 10 lauréats que JCI avait choisis par leur bravoure, leur détermination à aller de l’avant.
De perte et de désespoir, parce que j’avais perdu l’homme dévoué et attentionné pour ma personne et pour ma réussite et c’est cet homme que je vais nommer ici mon cher et tendre père (paix à son âme ). Séparé tôt de ma maman, il a pu jouer les deux rôles pour moi. Ainsi, à son vivant je pensais même pas qu’il existait de la souffrance ou des difficultés liées à la vie. J’étais protégée et j’étais à l’abris de tout mal. Donc sa disparition avait beaucoup joué sur ma vie courante et estudiantine, car j’ai failli même abandonner les cours. Mais grâce à Dieu, aux soutiens de la maman, de mes frères et soeurs et surtout d’une amie qui n’avait ménagé aucun effort pour la continuation de mes études, j’ai pu m’en sortir. Ainsi, j’ai obtenu mon diplôme de licence 3 en 2011 avec mention remarquable à l’Université Internationale Collège (UNIC) de Conakry, où j’ai fait Administration des Affaires.

PARCOURS PROFESSIONNEL COURAGEUX ET PRODUCTIF

J’ai commencé les stages en 2009 dans la boite des micro-finances (crédit rural) et dans l’administration publique (budget préfectoral de Mamou ), j’ai pu signer mon 1er contrat de travail à la section budget en tant que contractuelle préfectorale en 2012. Puis en 2019 suite à un avis de recrutement de la GIZ de deux (2) stagiaires à mobilité réduite au niveau de l’administration pour le Programme de Santé et de la Reproduction Féminine (PSRF) dans ses bureaux à Conakry et à Mamou, Dieu m’a donné la chance de décrocher ce contrat qui était de six (6) mois. De là-bas, part mon arreté préfectoral au quel j’ai joint mon CV, mon extrait de naissance, une photo de moi plus 4 photos d’identité que j’ai déposés au niveau du Ministère de la Fonction publique en 2018, j’ai été appelée par un Monsieur pour me dire que l’arreté ministériel attestant que j’ai accédé à la Fonction publique est sortie. Et cela c’est fait au moment où je n’avais fait que 3 mois de stage au niveau de la GIZ. Ainsi, je suis allée à Conakry prendre mon certificat de prise de service puis revenir terminer mon stage avant de rejoindre mon nouvel emploi le 23 juillet 2020 suite à la date de mutation m’orientant à l’Inspection régionale de l’Action Sociale et de l’Enfance de Mamou qui est sortie le 09 Juillet 2020.

COMMENT ÇA SE PASSE AU GOUVERNORAT?

Et en ce qui concerne ce poste, je peux dire qu’il a été inattendu de ma part et que j’ai pris le goût et j’arrive bien  à m’en sortir.

PRÉROGATIVES

Ma mission pour le moment est l’enregistrement des enfants à mobilité réduite identifiés, les victimes de violences, d’exploitations, d’abus, de négligence, de viol dans les fichiers qui sont conçus uniquement pour eux, loger ses mêmes informations dans l’application de kobocollect pour la sauvegarde des données et apporter mon soutient psychosocial aux victimes.

DIFFICULTÉS DANS LE TRAVAIL

Dans toute activité on rencontre des difficultés mais pour moi les plus grandes difficultés que je rencontre pour le moment, c’est le problème lié aux moyens de déplacement, d’accès au service (monter les escaliers), du manque de bureau adapté pour mon travail et des toilettes publiques aménagées pour nous les personnes à mobilité réduite en cas de besoin.

Entretien réalisé par Siradio Kaalan Diallo