La scène politique guinéenne ressemble un tout petit peu à un cirque de Clowns où se jouent les piètres scènes déconcertantes, desorientantes et démoralisantes.
Des hommes politiques guinéens, tout comme leurs habits, changent de position en fonction de la direction du vent. Partout il y a du vent frais et doux, ils n’hésitent pas à marcher sur leur honneur et dignité pour s’y retrouver.
Tel le virus Ebola, cette migration ou vagabondage politique gangrénant l’atmosphère politique est devenue une menace dangereuse pour la démocratie dans notre Pays. Des hommes politiques transhument comme des bétails d’animaux à la recherche de pâturages. En un mot, la démocratie guinéenne est à l’épreuve de l’alimentaire.
Cette pratique profite à tous les partis politiques, toutes tendances confondues, et ne cesse de prendre des proportions inquiétantes pour les nouvelles générations.
Malheureusement, ce phénomène (nomadisme) ne peut être combattu aussi facilement dans un pays comme le nôtre. Il ne faut donc pas se leurrer, car l’atmosphère interne au sein des formations politiques est rarement démocratique .Les militants et les cadres intègres sont écartés au profit des militants de la 25ème heure venus avec de gros moyens pour mettre le Parti dans leurs poches.
Les convictions ont foutu le camp et ont cédé la place aux affaires.
Les hommes d’affaires, ceux ayant occupé de hautes responsabilités dans ce pays et dont le passé n’est pas du tout honorable, voient le terrain politique comme une opportunité de faire fructifier leurs business, et de se faire une place au soleil sous ce régime. Ainsi, ils ne se contentent plus de soutenir les hommes politiques mais préfèrent descendre dans l’arène politique pour sauvegarder leur carrière et réaliser leurs rêves.
En clair, on ne se bat plus pour défendre telle ou telle conviction en se rangeant derrière telle ou telle position. Certains ne se gênent même plus dans ces séances d’acrobatie politique honteuses à la recherche du beurre.
Tout se fait en fonction de la direction prise par le vent. L’essentiel, c’est d’être du bon côté du vent. Cela nous pousse même à nous demander sur l’héritage politique qui sera laissé aux générations futures ?
Sayon MARA, Juriste
