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Elhadj Badrou à propos du Mariage précoce: « en islam, la taille compte, mais la maturité aussi »

En Guinée, plusieurs associations et organisations non gouvernementales œuvrent dans la défense des droits de filles et la lutte contre les mariages précoces, souvent sources de conflits entre les couples au foyers selon ces organisations. C’est souvent l’un des arguments qu’elles évoquent pour casser plusieurs mariages scellés ou en cours d’être scellés.

 

La rédaction de maguineeingos.com à travers son correspondant régional, a tendu la perche au premier imam à la grande mosquée de Karamoko Alpha Mo Labé, pour savoir davantage ce que l’islam dit par rapport à cette problématique qui fait objet de plusieurs interprétations dans l’opinion.

Elhadj Badrou Bah, dit ce qu’il pense de cette situation qui découle parfois sur des emprisonnements de certains parents, qui donnent leurs filles en mariage à bas âge, une pratique très mal vue par les ONG, voire les autorités.

«En islam, c’est la taille qui compte,  quand la fille a atteint l’âge de la puberté. Mais, donner une fille en mariage, alors qu’elle ne fait pas la différence entre le bien et le mal ou qui ne sait pas comment se comporter vis-à-vis de son mari au foyer, ou comment gérer son foyer,  peut entraîner un malentendu entre le couple. Les parents aussi vont s’aligner du côté de leur enfant et ça va entraîner une déchirure», fait remarquer le secrétaire général de la ligue islamique régionale de Labé.

C’est au vu de tout ce que notre interlocuteur vient d’énumérer plus haut, qu’il dit être favorable à la démarche de ces associations.

«Mais, puisque l’islam n’aime que ce qui est bien, c’est pourquoi nous sommes d’accord avec ceux qui luttent contre ces mariages précoces. Il faut que les parents laissent leurs filles jusqu’à ce qu’elles soient matures. Puisque les lois de notre pays ne sont pas faites selon les principes de l’islam, c’est pourquoi nous n’allons pas aussi trop nous aventurer dans cette affaire», soutient-il.

Qu’est-ce qu’il faut alors dans ce sens d’autant plus que les deux parties, chacune prétend œuvrer dans le bon sens, pour sauver les filles, des aléas de la vie extraconjugale?
Elhadj Badrou pense qu’il faudrait privilégier l’éducation des jeunes filles.

«Comme les parents disent aussi il ne faudrait pas qu’ils gardent leurs filles jusqu’à ce qu’elles s’habituent à l’homme et qu’il y ait de choses qui ne sont pas souhaitées par après, il faut les éduquer alors en fonction de ce que l’islam a dit. Puisque toutes les filles qui fréquentent les foyers islamiques ne se retrouvent pas dans ce genre de situations. Il faut leur apprendre ce que l’islam leur interdit de faire et ce qu’il ne leur interdit pas. Cela va beaucoup nous aider à prévenir ce qui est en train d’arriver à nos filles en ce moment», a lancé l’imam.

 

Elhadj Badrou conclut, tout en soutenant que si les autorités et ces associations empêchent les mariages précoces, mais ne prennent pas non plus des mesures pour stopper les viols et les relations extraconjugales, il faut que les parents eux, prennent leur responsabilité pour bien éduquer leurs enfants, a-t-il invité.

Mamadou Aliou Diallo pour maguineeinfos.com

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