La traite d’enfants, à l’intérieur des pays ou à travers les frontières nationales et les continents est souvent liée à la demande de main d’œuvre à bon marché. Ceci dans des secteurs ou auprès d’employeurs où les conditions et le traitement au travail violent grossièrement les droits humains de l’enfant. Ces conditions sont caractérisées par un environnement inacceptable et dangereux pour la santé et le développement de l’enfant. Ces formes sont des situations de servitudes, de travail domestique des enfants, exploitation sexuelle, commerciale, trafic de drogues, d’enfants soldats à des situations et des pratiques d’exploitation et d’esclavage dans le secteur industriel informel.
C’est dans ce sens qu’à chaque 30 juillet, l’Humanité célèbre la journée de la Dignité des victimes de la traite. En Guinée, c’est le Comité National de Lutte contre la Traite des Personnes et Pratiques assimillées qui a mis cette journée à profit, pour rappeler les valeurs du respect des droits humains. C’était en faveur d’une conférence de presse tenue ce vendredi durant laquelle, le Président de l’organe a formulé un plaidoyer.
« La lutte contre la traite des personnes impliquent plusieurs acteurs. Il faudrait qu’il y ait une synergie entre les acteurs. La lutte contre la traite des personnes, il faut voir le niveau institutionnel qui est assuré par le Ministère de l’Action sociale et il faut voir aussi les acteurs de la chaine pénale. Lorsque nous avons des cas de traite, il faudrait que ceux qui se rendent coupables de l’acte de traite puissent subir la rigueur de la loi », indique Aboubacar Sidiki Camara
Consacrée uniquement aux victimes, cette journée est l’occassion pour cette structure d’inviter les acteurs sociaux à s’impliquer davantage.
« Aujourd’hui à l’occassion de la journée de la dignité des victimes de la traite, qu’on puisse écouter, qu’on puisse entendre les officiers de police judiciaire qui mènent des enquêtes et qu’ils traduisent les coupables devant les juridictions .Ya aussi le rôle des acteurs de la société civile. Aujourd’hui aussi nous avons associé une organisation qui s’est fortement impliquée dans l’identification des victimes mais aussi pour la prise en charge des victimes. La journée d’aujourd’hui est dédiée aux victimes, la voix des victimes », precise-t-il avant d’ajouter, « nous avons pris un point d’honneur sur la valorisation de la ligne verte(116). Nous avons fait une evaluation de cette ligne verte en terme de capacité pour pouvoir repondre aux victimes de la traite ».
Representant l’Office national de la protection d’enfants et du Genre, Amara Sylla a fait le point de la situation de sa Direction.
« Dans le cadre de la lutte contre la traite des personnes, nous avons méné beaucoup d’actions sur le terrain. Et comme tout officier de police judiciaire, le rôle d’un service de répression c’est de rechercher les infractions reunir les preuves, interpeller les auteurs et transferer le dossier devant le parquet qui en a la competence de juger. Les chiffres de 2020 avec la pandemie, ça beaucoup ralenti nos activités et les trafiquants eux-mêmes se sont beaucoup méfiés sur le terrain. En 2020 nous avons reussi à interpeler et déferer 20 cas de traite dans les differents tribunaux de Conakry et à l’intérieur du pays », informe Amara Sylla.
Même dans les foyers, des cas de traite, notamment sur des enfants se font incessamment.
Jacques Kamano
