Autrefois réservé seulement à la couche masculine, ce rituel s’ouvre aux filles de 1970 et jusqu’à nos jours. « L’enterrement de vie de jeune fille » est une pratique qui marque les dernières heures de la vie de célibataire. Lors de cet événement, la future mariée passe une dernière soirée avec ses amies, sans son futur époux et font plusieurs sortes de blagues.
De nos jours, cette petite fête a tendance à avoir raison et peser sur les coutumes et mœurs. Pour en savoir de plus sur cette question qui agite bon nombre de filles, nous avons interrogé Dame Zenab Thiam, puisqu’elle en sait quelque chose. A notre micro, elle estime que le rapport entre les pays occidentaux et le continent africain, en est l’un des principaux facteurs.
« Moi je crois que tout ceci n’est qu’une idée des blancs. C’est que, de nos jours au fur et à mesure que la civilisation évolue c’est comme ça que les cultures s’uniformisent. On essaie toujours d’imiter ou emboîter leur mode de vie. Imaginez avant quand on entend parler d’un mariage ici, je vous dis, vous trouverez de l’authenticité sous toutes ses formes, d’abord la mariée fait tout pour avoir ses vêtements traditionnels, elle applique son aîné et négocie avec les chanteurs qui n’utilisent seulement que les tambours, le tam tam, la flûte etc…Mais maintenant à la place de tout ça, nos filles ont adapté ce qu’on appelle l’enterrement de vie de jeune fille, une fête qui na rien à voir avec nos moeurs. En tant que mère nous voudrions bien qu’elles aient l’ere d’une mariée moderne ou civilisée mais tout en gardant l’originalité de leurs coutumes ou traditions, c’est très important », indique t-elle.
Par contre, Tiguidanke Bah trouve cette idée normale. Pour elle, c’est une fête qui immortalise les derniers instants de la mariée, en tant que célibataire.
« Lorsque la date de mon mariage a été fixée, la première idée qui m’est venue à la tête, est de passer un moment vraiment de ce genre avec mes amies, parce que je me dis que ça n’arrivera jamais quand on se marie et qu’on est désormais beaucoup responsable. Donc, je trouve que c’est assez génial et bien pour le moral de partager ces derniers instants avec ses amies, parce que pour moi c’est une fête qui se fait sous forme d’une soirée ou d’un week-end avec de nombreuses activités possibles, ou avec un moment de relaxe, un séjour à l’étranger ou encore une séance photo déjantée, et avoir une boite de souvenirs de l’enterrement de vie de jeune fille, c’est à dire des petits mots de chaque invitées, des souvenirs d’enfance des futurs mariées, le journal des photos etc.. Et chaque objet doit être une surprise qui permettra à la mariée de se rappeler des bons moments passés avec ses meilleures amies » , soutient-elle, de son côté.
Par ailleurs, Oumou Habanne Diallo qui croit à l’originalité des choses, pense qu’il faut respecter les traditions au détriment des pratiques importées.
« Je pense que chacun a son choix d’immortaliser ses derniers instants, j’ai bien eu la connaissance de cette petite fête destinée à une nouvelle mariée, mais ce qui est de mon cas, mon mariage a été célébré dans mon village, et comme vous le savez, au village tout est mesuré. La simplicité y est, le coup des dépenses est moins élevé et le plus important de tout , c’est le respect de nos coutumes dans son intégralité. J’avoue que ça été l’un de mes plus agréables événements », défend cette autre.
Rappelons que cette fête devenue presqu’une tradition chez beaucoup, regorge d’énormes dépenses et répond à de nombreuses exigences selon le goût de la nouvelle mariée.
Fatimatou Baldé pour maguineeinfos.com
