Dans le brouhaha du grand marché de Kindia, étalagistes et vendeurs ambulants se bousculent. Comme dans un duel de mots, slogans et autres astuces pour attirer la clientèle ne manquent pas dans ce centre de négoce. À un coin du marché, nous apercevons un groupe de vendeuses de soutiens-gorges. Comme tous les jours, l’endroit ne désemplit pas.
Visiblement, c’est un vêtement apprécié et utilisé constamment par la couche féminine. Même si le mode d’utilisation reste encore tabou, il reste tout de même convoité par les femmes. Souriante et détendue, Fanta Keïta vendeuse accepte de répondre à quelques unes de nos questions. D’entrée, elle tente de rassurer les femmes quant à la fiabilité de ses soutiens-gorges. « Il y a plusieurs qualités de soutien-gorges dont Saoudia, Tunisie ou encore Guèmè (cailloux dans la langue soussou). Moi je vends Saoudia. A un moment donné, des rumeurs courraient sur la présence d’une substance toxique dans les soutien-gorges, ce qui n’était pas vrai. Des substances existent dans certains soutiens mais elles ne sont pas toxiques et ne causent aucune maladie des seins», cherche convaincre la vendeuse. Un à un, ces différents genres de soutiens nous sont montrés, des plus molles aux plus durs. Fanta Keïta, nous dit avoir de la préférence pour les Saoudia.
« Le meilleur des genres est Saoudia car, il ne contient pas du fer », ajoute t-elle. Des petits seins aux gros, en passant par les moins, tous les goûts et qualités existent dans ce marché.
Rencontrée à l’autre bout du marché, Aïcha CONDÉ veut maintenir ses seins bombés. Mère de famille, elle utilise également le soutien-gorge pour paraître ravissante. « Il y a de ces habits quand on les porte sans soutien-gorge, c’est pas jolie à voir (…) et puis c’est aussi pour se faire voir dans la société. Car, si tu es femme intellectuelle, tu dois être dans les normes pour aller par exemple au travail. Une femme est vue en fonction de son corps », explique la jeune mère de famille.
A la sortie de l’ambiance rythmée de ce grand marché, direction le calme de l’hôpital régional Alpha Oumar DIALLO où nous avons rencontré le médecin Thierno Idy SOW du centre de traitement des épidémies. Ce spécialiste nous fait savoir tout d’abord que le soutien-gorge est composé de trois parties. « Le tour de bûche qui est une bande horizontale, les deux coques ou bonnets et les deux bretelles. La plupart des femmes ne savent pas choisir leurs soutiens-gorges. Les femmes à grande poitrine ont tendance à choisir des soutiens-gorges trop petits », nous fait partager Dr Thierno Idy Sow. Un soutien-gorge inadapté aux seins, mal entretenu ou encore mal utilisé, peut amener des complications tant pour la porteuse que pour l’enfant dans le cas des nourrissons.
«Quand le soutien-gorge est trop petit, ça peut entraîner des conséquences sur la circulation sanguine car le cœur se trouve dans la poitrine. Des complications similaires peuvent subvenir aussi au niveau de la respiration. Autre conséquence, c’est le manque d’hygiène. Vous verrez des femmes qui utilisent un seul soutien-gorge toute la journée. Ce qui n’est pas recommandé. Si elles ne sont pas en mouvement, elles peuvent enlever momentanément le soutien-gorge pour libérer les muscles de la poitrine. Chez les femmes allaitantes, le manque d’hygiène peut souiller les mamelons exposant ainsi le nourrisson à des maladies. Un sein longtemps serré dans un soutien-gorge entraîne l’engorgement mammaire. Et si l’enfant tète dans une telle situation, il risque de développer des maladies diarrhéiques », avertit Dr Thierno Idy.
Lingerie mais également pièces de séduction, le soutien-gorge demeure parmi les articles les plus utilisés par les femmes. Une utilisation qui risque de conduire à des complications.
Aboubacar Wayé Touré depuis Kindia pour maguineeinfos.com









