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Qu’est-ce qu’il y’a de plus naturel que de donner le nom de l’aéroport au père de l’indépendance ? se pose Ousmane Kaba

Le changement du nom de l’aéroport de Conakry continue à susciter des bisbilles au sein de l’opinion. Pendant que certains s’indignent de l’acte du chef de l’Etat, d’autres saluent une action de reconnaissance et de réconciliation. De son côté, le Président du PADES accueille à bras ouverts cette nouvelle qui hante pourtant une autre partie de la population.

Selon Ousmane Kaba, cet acte du Colonel Doumbouya n’a fait que rendre un hommage à un homme qui a donné à la Guinée sa liberté, des mains des blancs. Pour tenter de mieux convaincre, l’homme politique se mesure aux autres pays qui ont également célébré leurs anciens présidents.

« En Guinée les blessures n’ont pas encore été soignées. Nous sommes dans ces blessures de l’histoire qui font des convulsions de temps en temps et font que les gens perdent complètement la boussole. Qu’est-ce qu’il y’a de plus naturel que de donner le nom de l’aéroport au président qui a donné l’indépendance à la Guinée ? On a l’aéroport Modibo Keita au Mali, Senghor au Sénégal, De Gaule en France, Hophouet de Boigny en Côte Ivoire. Pourquoi il y’a temps de réactions ? », s’interroge l’ancien ministre de l’économie.

Dans un autre pan de son intervention, il milite le rétablissement de la vérité de l’histoire afin de faire comprendre à la jeune génération.

« Par ce que tout simplement le pays a été mal guéri de ses blessures. Nous fuyons toujours notre histoire sans l’assumer. Nous ne rétablissons jamais la vérité alors que la Guinée a été blessée tout le temps. Beaucoup d’événements se sont passés en Guinée ça ne nous empêche d’assumer notre histoire, d’avoir l’aéroport international Ahmed Sekou Touré, d’avoir un boulevard Diallo Telly. Il faut qu’on accepte les évidences de l’histoire. C’est au gouvernement de rouvrir les dossiers et dire la vérité, tant qu’on ne le fera pas, la Guinée ne sera pas en paix. Chacun déforme l’histoire à sa guise et raconte l’histoire en tirant la couverture sur lui. Tant que ça continue il y aura du mal. Ayons le courage de regarder notre histoire en face. L’histoire guinéen est très déformée. Saviez-vous que Sekou Touré a tué plus de Malinkés que de Peulhs ? Combien de jeunes guinéens le savent-ils? On a refusé de regarder l’histoire de la Guinée en face », déplore t-il, avant de louer la bravoure de l’ancien président.

« Sekou Touré symbolise la dignité en Afrique par le combat qu’il a mené. Dans cette période d’après guerre, il y’a eu d’énormes pressions sur la Guinée des privations, des embargos, des naufrages diplomatiques , de toutes sortes de pression sur les jeunes qui n’étaient pas préparés », a-t-il lancé chez nos confrères de la radio Espace Fm ce lundi matin.

Cependant, une bonne partie des Guinéens fustigent cet acte. La sortie de l’association des Victimes du Camp Boiro en est l’une des illustrations parfaites.

Adama Diallo

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