Visiblement, les nouvelles autorités du pays auront du cheveux blanc dans la lutte contre les abus d’autorité, blanchiment d’argent et autres formes de malversations de la part des anciens dignitaires. Quelques mois après la chute de l’ancien régime, des collaborateurs d’Alpha Condé sont cités dans beaucoup de sales dossiers, surtout en matière de détournements de fonds et d’autres pratiques similaires. Cette fois-ci, notre rédaction est saisie d’une affaire d’abus de biens sociaux et de blanchiment d’argent. Almamy Condé, puisque c’est de lui nous parlons, était proche d’Alpha Condé et aurait usé de ce statut pour abuser des biens de son associé Elhadj Mohamed Koné.
SOURCE DU PROBLÈME
En 2015, l’homme d’affaires guinéen a quitté la Côte d’Ivoire où il s’est fait beaucoup d’argent, pour rentrer en Guinée. Sur la voie d’investir dans le pays, la prochaine victime rencontre ce fonctionnaire guinéen(Almamy Condé), proche d’Alpha Condé, qui lors du règne de ce dernier aurait eu la main mise sur d’énormes gros dossiers de la Guinée. Selon l’investigation menée par notre rédaction, ce travailleur au trésor public exige de s’associer aux actions d’investissement engagées dans la société AWAL GUINEE-SARL « S.A.G SARL », immatriculée sous le No ENTREPRISE/RCCM/GC-KAL061.354A/2015. Une société lancée par Elhadj Mohamed Koné, venu de la Côte d’Ivoire.
A deux, ils ont décidé de faire bouger les activités de la société. D’un coup, les premiers contrats s’offrent à l’entreprise. Elle bénéficie d’un marché d’exploitation de Granite à Dubréka. Mais l’exécution de ces travaux nécessitait la mise en place d’un équipement adéquat. Ce qui a obligé l’investisseur (Elhadj Mohamed Koné) de de rendre en Chine afin de mobiliser le matériel nécessaire pour le lancement des travaux dans la carrière. Le coup global des machines et appareils achetés, s’élève à 15 milliards de francs guinéens. Jusque-là, la collaboration entre l’homme d’affaires et le fonctionnaire « couvert » par l’ancien régime se passe normalement. Les activités démarrent dans les carrières de Granite, même si la source du divorce n’est pas loin.
NAISSANCE DU CONFLIT
Il importe de préciser que le capital social de la société est tenu à 60% par l’homme d’affaires (Elhadj Mohamed Koné) qui est également gérant. Les 40% reviennent au fonctionnaire (Almamy Condé), qui s’était fait représenter par son fils de moins de 5 ans à l’époque, sur les papiers de la société.
Cependant, constatant les chiffres d’affaires de l’entreprise monter en flèche, le fonctionnaire usera aussitôt de son statut de proche du Président pour tenter d’écarter son associé, qui est d’ailleurs le plus grand financier.
Petit à petit, il se mêle du fonctionnement de l’entreprise en tentant d’influencer Elhadj Mohamed Koné.
En dépit de cette démarche douteuse d’un fonctionnaire « puissant », la collaboration fonctionne tant bien que mal.
VERS LE DÉBUT DE L’ABUS DE BIENS
Ayant le goût de la rentabilité, Almamy Condé commence à faire transiter plusieurs milliards de francs guinéens dans le compte bancaire de la société, dans laquelle il n’a que 40% de part sociale contre 60% de son associé. Ces montants colossaux n’ont pourtant rien de commun avec les intérêts de la société. Selon nos sources proches de la Gendarmerie, les décaissements de ces montants laissent encore des traces.
Mais d’où venaient tous ces fonds-là ? Est-ce l’argent de la drogue ou celui provenant des caisses publiques? Voilà les questions qui taraudaient l’esprit de l’autre associé (Elhadj Mohamed Koné). Face à ces questions, Monsieur Condé n’a voulu donner aucune explication à son collaborateur. Pourtant, en une seule journée, le compte pouvait encaisser et décaisser de trois à quatre milliards de francs guinéens.
Partant de cette remarque, l’inquiétude grandit chez le premier financier de AWAL GUINEE-SARL. Ces grosses transactions douteuses dans l’esprit de l’homme d’affaires continuent à inquiéter, même si Elhad Koné n’a pour le moment aucune solution, puisque ses interrogations restent sans succès. Cette attitude crée immédiatement une fissure entre les deux associés, qui ne se parle presque plus, l’un par peur et l’autre par force d’influence.
INQUIÉTETUDE PAR CI ET COUP DE FORCE PAR LÀ !
Désappointé des questions de son associé qui ne le laissent plus faire tranquillement des affaires privées dans l’entreprise, Almamy Condé décide de déclarer la « guerre » à Elhadj Mohamed Koné, qui n’a encore aucune force de résister. Pour faire taire ce dernier, le fonctionnement commence par bloquer les payements de l’Etat à destination du compte de la société. De là, il aurait carrément pris le contrôle de la société, de ses biens, de son compte en banque ainsi que les sites d’exploitation. Pire, sa force le conduit jusqu’à interdire à son associé de mettre peid sur les sites de l’entreprise, sous menace de l’emprisonner.
On est encore en 2016 et jusqu’à maintenant, la Société Awal Guinée travaille uniquement au compte du fonctionnaire. L’homme d’affaire lui, n’a que ses yeux pour pleurer, car l’adversaire était redoutable au moment des faits.
DÉVELOPPEMENT DU DOSSIER
Dès le 05 septembre 2021, alors que le pouvoir en place est tombé, Almamy Condé se retouvait secoué également par le coup d’État, étant proche du Président à l’époque. Il voit ainsi sa puissance baisser.
Par miracle, l’affaire pour laquelle il ruinait l’effort de son associé, se retrouve sur la table des nouvelles autorités(CNRD) pour être tranchée.
Se munissant de la justice indépendante comme boussole, le Président de la Transition a décidé de tirer l’affaire au clair. Il a ainsi confié le dossier au nouveau patron de la Gendarmerie nationale, Colonel Balla Samoura
«L’affaire est entre les mains de la Gendarmerie », a confié une source proche du dossier.
Joint au téléphone ce vendredi 24 décembre 2021 par maguineeinfos.com, le mis en cause, Almamy Condé s’est contenté de nous confier que l’affaire est réglée en famille.
Mais Jusqu’à date, les prétendus engagements pris par ce dernier au niveau familial, peinent à être appliqués par l’ancien collaborateur du Président déchu.
Siradio Kaalan Diallo/ Tel: 621 72 72 76/ E-mail: villakaalan@gmail.com









