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Guinée: comment des militantes féministes ont été violentées et dispersées le 08 mars dernier au Palais?

Le 08 mars de chaque année est reconnu comme une journée au cours de laquelle les femmes ont la possibilité d’être écoutées afin de réclamer leurs droits. Sauf qu’en Guinée, ces droits semblent toujours foulés aux pieds par ceux qui devraient les mettre en valeur. Cette année en Guinée, pendant que certaines étaient en fête avec toute la sécurité et l’ambiance des autorités du pays au palais du peuple, d’autres étaient violentées, gazées et marginalisées au même endroit par des agents des forces de sécurité. C’est en tout cas la remarque faite par maguineeinfos.com. Ces dernières étaient pourtant allées revendiquer leurs droits et demander l’arrêt des violences faites à leur égard. Elles ont mis l’accent sur notamment sur le cas d’une dame percutée et blessée par un libanais.

Quelques jours après cette scène qui a fâché plus d’une guinéenne, notre rédaction s’est approchée aux victimes. Au micro de Maguineeinfo.com, Fanta Helleine Tounkara est revenue sur la façon dont les agents ont agi sur elles.

« Comme c’était la journée internationale des droits des femmes le 08 Mars, on s’est dit que c’est pas une journée où les femmes doivent faire de Mamaya et porter des uniformes pendant qu’il y’a beaucoup de femmes qui sont couchées dans des hôpitaux et d’autres sont mortes par suite des violences. Donc nous on s’est dit de nous mobiliser pour enfin mettre des points sur tout ce qui a été fait et ce qui reste à faire, c’était ça l’idée, de faire un sit-in sur le pont du 08 Novembre. Mais dès que les forces de sécurité ont constaté des regroupements là-bas, je ne sais pas si elles ont été signalées ou pas, j’ai vu beaucoup de pick-ups qui étaient venus sur le lieu, ils avaient des fouets. On a décidé de changer de stratégie parce que ce jour il y avait une activité au Palais où toutes les femmes étaient invitées, on a changer de Direction pour aller au Palais et quant on a commencé à réclamer nos droits, les forces de sécurité nous on fait sortir, elles nous ont violenté, elles ont  cassé nos pancartes et retiré quelques banderoles parce que pour eux, c’est une fête et non une journée de revendication », rappelle la porte-parole des manifestantes.

En dépit de ces rebondissements, notre interlocutrice estime qu’elles ont eu satisfaction, puisque le mis en cause est déjà dans les mains des forces de sécurité.

« Le cas de Mariama Bobo Baldé a eu des avancées, l’agresseur a été arrêté, chose qui n’avait pas été faite. Quand Mariama Bobo a été percutée elle a porté plainte et on lui a dit là-bas c’était juste un accident pourtant il  l’avait percuté et pris la fuite. Donc ce jour, quand on nous a fait sortir du palais nous sommes parties directement au tribunal de première instance de Mafanco et on a crié justice. Pendant ce temps là, la victime était assise là-bas depuis 09 heure, on ne lui avait même pas répondu. C’est à notre arrivée vers 14h heures qu’ils l’on appelé et demandé de rentrer. Aujourd’hui on peut dire qu’il ya eu des avancées par ce que l’agresseur est déjà arrêtée. Nous souhaitons que justice soit faite parce que l’idéal n’est pas de sortir dans la rue et faire des revendications mais quand les coupables sont vraiment sanctionnés comme le disent les textes de lois on  peut même rester tranquilles », a-t-elle confié.

Quant à la question de perspectives, Fanta Helleine Tounkara promet que d’autres actions seront engagées afin de mettre fin aux violences faites aux femmes.

« Nous sommes en cours de préparation de quelques activités parce qu’on voit déjà le cas de Mariama Bobo Baldé a connu des avancées. Donc il faut qu’on continue pour réussir la mission », conclut-elle.

Adama Diallo 

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