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Mois de Ramadan et Cherté des prix de la viande à Conakry: rencontre avec la Bouchère Assy Bangoura

En plein Ramadan et à deux semaines de la fête, les prix continuent à augmenter sur le marché. Si le Gouvernement a fixé les prix de certaines denrées alimentaires dont la consigne peine à être respectée, il reste tout de même beaucoup à faire. Sur le panier de la ménagère, la cherté se remarque à travers les différents marchés.

A Conakry par exemple, avoir un kilogramme de viande est synonyme de gros moyens et de courage. Le prix le plus abordable varie entre 55.000 et 60.000 francs guinéens. Mais qu’est-ce qui pourrait justifier cela ? Notre rédaction s’est intéressé à la question en tendant son micro à l’une des rares femmes qui évoluent dans le secteur. Trouvée au marché Taouyah dans la Commune de Ratoma par notre correspondant, Assy Bangoura s’est prononcée sur les difficultés qui sont en partie, les causes de la cherté de la viande.

Au micro de maguineeinfos.com, elle évoque des problèmes liés à la dégradation des routes, mais aussi de la tracasserie des services de Sécurité postés sur les axes routiers.

« Ce qui nous fait souffrir là où nous partons chercher cette viande, c’est que sur la route il y’a les Gendarmes, tu ne peux pas quitter un point A à un point B sans trouver un barrage. Sur chaque barrage on paye de l’argent. En quittant Léro pour Dinguiraye, on nous demande 200.000fg, arrivés à Dabola on nous demande encore la même somme, quand on quitte là-bas pour venir sur la grande route on paye 50.000fg au niveau de chaque barrage. Ce sont les Gendarmes, les policiers et la douaniers. Ensuite, il ya le mauvais état des routes qui nous fait souffrir énormément. Quand tu donnes un laissez-passer à un Gendarme, il te dit carrément qu’il n’a pas de lunettes pour regarder ton document, ils nous disent que ce n’est pas cela qu’ils vont donner à manger à leurs familles. Moi je pensais que si on achète une vache et on nous donne un laissez-passer, normalement c’est ce qu’on présente devant les barrages. Mais malheureusement c’est le contraire qui se passe », déplore notre interlocutrice.

A toutes ces difficultés, s’ajoute la cherté du prix du bétail. Ce qui amène les bouchers à gonfler le prix de la viande sur le marché.

« Moi je vends 1kg de viande à 55.000fg, ça me permet de vendre vite et aller chercher d’autres bœufs », dévoile Assy Bangoura

Il y’a un mois de cela , elle affirme avoir perdu 12 têtes de vaches, grâce au retard avec l’état des routes et les tracasseries policières sur la route de Conakry.

« Une fois, mes vaches ont fait plus de 3 jours sans manger, ni boire, c’est ce qui les a tué », déplore t-elle.

A date, une vache se négocie jusqu’à 10 millions de francs guinéens à Conakry. D’où l’appel de notre interlocutrice au Gouvernement afin de se pencher sur la question.

Ousmane Baldé

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