L’ancien coordinateur national du Front national pour la défense de la constitution s’est exprimé ce lundi 18 avril 2022 sur la question de la transition en cours. D’entrée, l’activiste appelle le Colonel Mamadi Doumbouya à faire la distinction entre le militaire qu’il est et son statut de Président. Les exigences dans la gestion d’un État sont selon lui carrément différentes de celles d’une armée.
Abdourahmane Sanoh a profité du micro de nos confrères de la Radio Espace pour lancer un message à l’homme du 05 septembre. Par ailleurs, il indique que la situation dans laquelle se trouve actuellement la Guinée est de la responsabilité de tous les acteurs politiques et de la société civile.
« Je voudrais demander très humblement au colonel Mamadi Doumbouya d’écouter. Je comprends ce qui l’anime, mais lorsqu’on est à la tête d’un Etat, je voudrais lui rappeler ce qui je lui avais dit la nuit du 20. Il y a le militaire, il y a le chef de l’État. Il n’a qu’à œuvrer à réduire le cap. L’Etat n’est pas une chose qu’on peut régenter. L’Etat a ses contraintes, ses exigences et ses prescriptions. Lorsque je vois la situation de notre pays, le comportement du leadership, on est constamment révolté. La gestion de l’Etat repose sur des procédures et des règlements qu’on ne peut trahir. Je voudrais qu’il fasse les choses dans le respect des procédures, des règles et des lois et qu’il sache que rien ne nous appartient en tant qu’être humain. Hier, c’était d’autres qui étaient là, aujourd’hui c’est lui, demain ce sera d’autres. Il a des grandes ambitions pour le pays, mais la manière risque, s’il n’y prend garde, de trahir son projet. Pour tous les autres acteurs, nous sommes tous responsables de la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui. Je vais parler des acteurs politiques, de la société civile, les syndicalistes et l’élite dont la démission a fait trop du mal au pays. Réveillons nous, prenons nos responsabilités et faisons en sorte que ce soit l’intérêt général qui guide toujours nos pas. J’espère que cette transition soit la meilleure. Il faut qu’on se batte, mais de gros risques sont là », a confié Abdourahmane Sanoh.
Siradio Kaalan Diallo
