Le Porte-parole du Gouvernement guinéen a-t-il offensé la CEDEAO dans sa récente sortie médiatique? Beaucoup répondent par l’affirmatif. Le Président du Parti de l’Unité et du Renouveau voit lui, une grave erreur de communication qui doit être corrigée par le Gouvernement. Cette sortie risque gros pour les membres du Gouvernement, selon notre interlocuteur.
Au micro de maguineeinfos.com, le Président du PUR soutient que la communication du Ministre de l’Urbanisme pourrait bien causer des préjudices entre la Guinée et l’institution sous régionale.
« C’est visible, c’est une sortie ratée. Sur le plan diplomatique, on ne peut pas tenir ce genre de propos, parce que non seulement, Ousmane Gaoual Diallo n’est pas n’importe qui. C’est avant tout d’abord, le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat et de surcroît, le porte-parole du Gouvernement. Donc en tenant ce genre de propos, il parle au nom du Gouvernement et qui parle du Gouvernement parle aussi du CNRD. Donc c’est une sortie ratée, il doit être rappelé à l’ordre par sa hiérarchie à travers des actions pour qu’on lui dise qu’il doit suivre sa mission. Parce que chaque ministre a une feuille de route et étant un porte-parole, tu as une double feuille de route que tu dois obéir. Et quand un ministre fait une sortie ratée, il doit être rappelé à l’ordre. Ce sont des propos qui risquent de coûter cher à la Guinée. Imaginez à quelques jours de la prise de la décision de la CEDEAO, au nom du Gouvernement étant porte-parole, tu tiens des paroles qui ne contribuent pas à apaiser la situation et en même temps rassurer la communauté internationale. Certes, on peut blâmer la CEDEAO pour le fait qu’elle n’a pas peut-être pu empêcher la réélection de monsieur Alpha Condé, plus particulièrement pour le troisième mandat. Ça, c’est un autre contexte, mais le contexte actuel, la CEDEAO est dans sa logique puisque nous sommes dans une période de transition où nous devons faire en sorte que tout se passe bien. Il faut faciliter l’allègement de la situation de populations pour faciliter un retour à l’ordre constitutionnel. Donc c’est une erreur de communication qui peut être fatale pour les membres du gouvernement. Parce que si la Guinée est sanctionnée sur le plan économique, ce sont les populations qui vont faire les frais. Pas plus tard qu’avant-hier, une malienne interpellait le Président sénégalais à la Mecque pour alléger la souffrance des populations maliennes qui traversent les sanctions de la CEDEAO en ce moment », alerte Louda Baldé.
Par ailleurs, il focalise l’attention sur les conséquences directes d’éventuelles sanctions contre la Guinée.
« Ceux qui disent que les sanctions de la CEDEAO ne font rien, ils n’ont rien compris. Ils n’ont qu’à aller au Mali pour savoir ce que les Maliens traversent en ce moment. Ces menaces de la CEDEAO coïncident à un moment en Guinée où l’inflation frappe le pays et les prix des denrées sont exorbitants sur le marché. Et pourtant le Gouvernement avait pris un décret pour diminuer les prix, mais cela n’a fait aucun impact », signale t-il.
Adama Diallo
