Comment et où va se tenir le procès en perspective d’Alpha Condé et ses anciens cadres poursuivis par le Procureur général pour des faits présumés des crimes de sang à l’absence de la Haute Cour de Justice, l’instance de juridiction habilitée de juger les anciens chefs d’Etat et anciens ministres ? C’est la question que se pose le Secrétaire exécutif du conseil national des Organisations de la Société civile guinéenne.
Ange Gabriel Haba bien qu’il salue la décision d’Alphonse Charles Wright, mais il suggère que le sujet soit mis sur la table au Conseil national de la transition qui doit se pencher pour une question de compétence.
« Aujourd’hui je me pose une certaine question du point de vue juridique. C’est quoi la base légale de cette poursuite là ? Parce qu’au regard des textes de loi en Guinée, les tribunaux ordinaires n’ont pas compétence à juger les anciens ministres et les anciens chefs d’Etat. Cela est dévolu à la Haute Cour de justice, mais aujourd’hui la Haute Cour de justice n’a pas été créée. Alors il ressort que le Gouvernement saisisse le CNT qui est l’organe législatif pour réviser notre loi envue de donner cette compétence aux tribunaux ordinaires. Si non, il faut créer une Cour spéciale chargée de juger ces crimes de sang à la lumière de la Cour de répression des infractions économiques et financières », recommande-t-il.
A en croire l’activiste de la société civile, ces crimes de sang dont il s’agit sont des sujets assez sensibles en cette période dans laquelle les autorités se sont engagées dans un processus de réconciliation nationale. Malgré le fait qu’il y ait nécessité de juger ces cas de crimes sous l’ère Alpha Condé, mais il faut le faire avec beaucoup de techniques. Car, selon lui, tous les régimes ont un compte à rendre.
« Méthode pourquoi ? Pour la simple raison qu’au delà des crimes commis sous l’ère Alpha Condé, il y a d’autres crimes qui ont été déjà commis. Quand je prends les événements du 28 septembre 2009, les événements du camps Boiro, les événements des 2006-2007, tous ceux-ci constituent des crimes qui ont été commis et qui ont enregistré des frustrations en Guinée », rappelle t-il.
Ange Gabriel demande en par ailleurs au Procureur général près la Cour d’appel de Conakry de s’auto-saisir pour que lumière soit faite sur tous les autres crimes de sang précédemment commis en Guinée.
Yam’s Cheick Camara
