Décidemment, la décision visant à interdire le droit des manifestations en Guinée en cette période de transition, risque d’opposer un bras de fer sans entre le Comité national du Rassemblement pour le Développement et certaines structures sociopolitiques relevant des forces vives de la Nation. C’est le cas du FNDC qui ne veut pas entendre d’une seule oreille cette décision qu’il qualifie de déni de justice et qu’il compte défier dans un bref délai avec les autres acteurs politiques pour exiger la tenue d’un cadre de dialogue inclusif. En ce qui les concerne, les organisations de Défense des droits de l’Homme se font entendre de vive voix.
C’est le cas de l’OGDH qui affiche son inquiétude face à cette décision du CNRD. Le Porte-parole de cette Organisation précise que le droit de manifester est garanti par les conventions internationales et par la charte de transition guinéenne elle-même. C’est pourquoi il appelle l’équipe du Colonel Mamadi Doumbouya à revoir sa démarche.
« C’est une mesure inquiétante qui viole d’abord l’esprit de l’article 8 de la charte de la transition qui garantit le droit de manifestations, ainsi que le pact international relatif au droit civil et politique et la charte africaine des droits de l’homme auxquels la Guinée est partie. Donc cette mesure est d’autant plus inquiétante qu’elle intervienne à un moment où une marge importante de la classe politique et des acteurs sociaux dénoncent l’absence d’un cadre de dialogue inclusif. Sincèrement nous ne comprenons pas cette démarche du CNRD qui vise pour nous à confisquer les libertés fondamentales, alors que le CNRD nous avait annoncé que la justice allait être la boussole. Je pense que ce n’est pas opportun d’aller dans cette logique. Parce qu’elle risque de créer des situations conflictuelles. Et donc nous appelons le CNRD à revenir sur cette mésure et de tenir compte du contexte sociopolitique et de prendre des mesures idoines qui permettent de déboucher à des discussions avec les acteurs représentifs pour que cette transition soit conduite dans toute sa sérénité et pour qu’elle puisse déboucher à la mise en place d’une vraie démocratie », invite Alsény Sall.
Cette demande de l’organisation guinéenne pour la défense des droits humains sera-t-elle prise en compte par Mamadi Doumbouya et son équipe ? Attendons de voir !
Yam’s Cheick Camara
