Pour la tenue d’un cadre de dialogue inclusif avec la classe politique et pour contester le délai des 36 mois adoptés par le conseil national de la transition pour la durée de la transition guinéenne, les acteurs politiques membres du G58 et acteurs sociaux membres du front national pour la défense de la constitution menacent depuis de nombreux jours de déclencher une série de manifestation en Guinée. Un sujet face auquel, les avis divergent. Si certains sont pour une pression acerbe sur le CNRD pour un retour imminent à l’ordre constitutionnel,  d’autres soutiennent que les manifestations ne sont pas une solution pour arriver cette fin. C’est le cas de Dr. Ben Youssouf Keïta du parti ACP.

Hier membre du bureau politique national de l’union des forces démocratiques de Guinée de Cellou Dalein Diallo et aujourd’hui président de sa propre formation politique,  Dr. Ben Youssouf Keïta se montre contre toutes les idées visant à investir la population guinéenne dans la rue pour des manifestations contre les autorités de la transition. Se disant témoin des manifestations précédentes dans le pays, il appelle les uns et les autres à calmer les tensions.

« Je suis désolé et inquiet de constater l’annonce de la reprise des manifestations politiques. Il n’y a pas un an encore que nous avons enterré le dernier des 200 martyrs, tous jeunes tombés au cours des manifestations sous le régime précédent. Monsieur Alpha Condé a été déposé au grand soulagement des forces vives de la Nation et le FNDC qui ont tacitement réclamé l’intervention de l’armée. Cette armée a répondu à l’appel le 05 Septembre. Que voulons-nous encore de sitôt? Je considère donc prématurée la décision de marcher en ce moment, à partir du moment où malgré nous, nous étions tous résignés à subir le 3ème mandat de Monsieur Alpha Condé jusqu’en décembre 2026 soit 72 mois à partir d’octobre 2020. Dans l’intérêt de la paix, de la quiétude sociale et la cohésion nationale, pourquoi dénier le délai de 36 mois à ceux qui ont parachevé notre œuvre », s’interroge-t-il tout en insistant sur le bon sens de tous les acteurs de la vie sociopolitique guinéenne.
« Une fois de plus servons nous de l’histoire de la dernière transition celle du Capitaine Dadis et tirons les leçons. PLUS JAMAIS DE 28 SEPTEMBRE 2009. Voulons-nous une 4ème transition ? JE DIS NON ! Accordons le bénéfice du doute au CNRD. La population a besoin de répit. Si la parole donnée par les dirigeants actuels selon le chronogramme de 36 mois n’est pas respectée, là il y aura motif valable de descendre dans la rue, mais pas pour le moment », insiste-t-il.

Le désormais président du parti ACP se dit favorable au délai des 36 mois votés par les conseillers nationaux lors d’une session plénière tenue à cet effet. Car pour lui, cette durée est bel et bien raisonnable pour l’exécution du chantier annoncé par la junte militaire au pouvoir à travers son ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation.

Yam’s Cheick Camara