Le front national pour la défense de la constitution ne capitule pas dans sa volonté de reprendre les manifestations de rue en Guinée pour demander le retour imminent à l’ordre constitutionnel. D’ores et déjà, le mouvement anti-troisième mandat d’Alpha, a dans un communiqué rendu public à cet effet, proposé la date du 23 juin, prochain pour passer à l’offensive. Ce, malgré l’insistance faite par le CNRD dans le cadre de l’interdiction des manifestations sur les places publiques dans le pays. Face à cette situation qui s’annonce préoccupante, notre rédaction a demandé l’avis du président du parti Bloc Libéral, qui rejette toute idée de faire appel aux guinéens dans la rue.
Pour Dr. Faya Millimono, à l’allure où vont les choses en cette période transitoire, il est inconcevable de soutenir l’idée ou la volonté d’une organisation quelconque de faire appelle à une vindicte populaire. Il appelle notamment le FNDC à mieux se pourvoir.
« Les manifestations sur la forme qu’annonce le FNDC sont inopportunes. On doit rappeler dans notre pays que cette période transitoire est la troisième du genre, et que les deux premières ont été émaillées de violences qui ont profondément fissuré le tissu social de notre pays. Aujourd’hui rien n’a été fait sur le plan de la justice pour cicatriser ces blessures. Les manifestations sont un droit et il n’y a pas de discussion par rapport à cela. Mais dans l’exercice de ce droit, il y a un constat qu’on peut faire objectivement aujourd’hui, c’est que, l’exercice de ce droit a donné lieu à beaucoup de victimes, de morts, de blessés, de destructions de biens publics et privés. A un moment donné, on devait trouver un moment d’arrêt pour réfléchir collectivement sur les meilleurs moyens d’exercer les droits et libertés, surtout le droit de manifester dans notre pays », a-t-il fait savoir avant d’ajouter ceci « Connaissant ce qui s’est passé en 2009, engager des manifestations comme le menacent le FNDC et certains partis politiques, est carrément vouloir ramener le pays, à des cauchemars du genre 28 septembre 2009. On en a pas besoin en ce moment, on en a jamais d’ailleurs eu besoin de ça. C’est pourquoi, je trouve inopportune. Hier on s’est battu pour préserver une constitution, aujourd’hui nous sommes dans une période transitoire, il est question d’élaboration d’une nouvelle constitution. Nos énergies devraient être utilisées pour ça », a lancé cet ancien membre du front dirigé par Oumar Sylla, Foniké Mangué.
Yam’s Cheick Camara








