Les tensions sont loin d’être aplanies en Guinée, malgré l’appel lancé ce lundi, par le premier ministre, pour un dialogue avec les acteurs socio-politiques du pays. Ce, pour trouver une solution aux problèmes auxquels le pays est confronté en cette période transitoire. Le FNDC qui continue de réclamer la proclamation de la liste des membres du CNRD et d’exiger le retour rapide à l’ordre constitutionnel, maintient sa position de descendre dans la rue le 23 juin prochain pour se faire entendre. Et pour mener cette lutte, le front peut compter sur le soutien du Parti Union Démocratique pour le Renouveau et le Progrès. Interrogé ce mardi, 21 juin 2022 par notre rédaction, le Président du Parti se dit prêt à être dans les rangs du front anti-troisième mandat d’Alpha Condé.
D’ores et déjà, d’autres acteurs ont validé leur participation à cette marche appelée par le FNDC. Il s’agit de mettre pression sur le CNRD qui fait « la sourde oreille » face aux revendications des acteurs sociaux et politiques. Après l’UFDG de Cellou Dalein Diallo et l’UFR de Sidya Touré, c’est autour de l’UDRP de déclarer haut et fort son soutien au front national pour la défense de la constitution.
« Nous sommes dans l’alignement du FNDC en ce qui concerne les manifestations. Les manifestations c’est le dernier recours. Il y a eu pas mal d’efforts déployés pour qu’on puisse trouver un terrain d’entente. Les manifestations font partie de l’arsenal d’outils mis à la disposition des partis politiques pour se faire entendre. C’est même consacré par la charte de la transition en son article 8. Alors nous ne pensons pas que ce soit quelque chose de diabolique, même si on essaie de diaboliser cette manifestation », estime t-il au micro de maguineeinfos.com.
Alors que beaucoup comme Faya Milimono, Bogola Haba entre autres diabolisent cette sortie du FNDC, Dr. Édouard Zotomou Kpogomou lui, fait une lecture contraire. Mais, notre interlocuteur appelle ses amis organisateurs à bien encadrer la marche.
« Il y a des gens qui ont vocation de caresser le CNRD dans le sens de poile pour des raisons bien établies. Il y en a qui pensent qu’il faut créer des mouvements de soutien qui viennent d’ailleurs en contradiction avec les dispositions prises par le CNRD lui-même qui avait déjà dit au départ qu’il n’avait pas besoin de mouvements de soutien. C’est opportun, les manifestations c’est une façon de s’exprimer. Si les dispositions sont prises par les organisateurs pour encadrer leurs marcheurs et si l’Etat aussi à travers les forces de défense et de sécurité, s’engage à encadrer la marche, il n’y aura pas de débordement. Les dispositions doivent être prises pour sécuriser tant au niveau des organisateurs qu’au niveau de l’Etat », soutient ce membre de l’ANAD.
En attendant le 23 juin, le Ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation, Mory Condé, au nom de son gouvernement travaille d’arrache pied pour rencontrer les organisateurs afin de calmer les ardeurs. Mais pour l’heure, aucune entente n’est trouvée.
Yam’s Cheick Camara
