C’est le pire scénario depuis l’arrivée du CNRD au pouvoir qui s’est produit le mardi dernier à Conakry. En effet, des activistes de la société civile ont été de façon non honorable mis aux arrêts en pleine conférence de Presse. Oumar Sylla dit Foniké Menguè, Billo Bah et Djanii Alfa ont été roués de coups, traînés même à sol, avant d’être d’embarqués manu militari par des policiers. Cette interpellation dont la procédure n’a obéit à aucune règle selon des spécialités, ravive les tensions à travers le pays. Si des jeunes expriment leur colère face à cet acte qu’ils qualifient d’affront, des leaders d’opinion s’indignent d’un manquement à l’éthique de la Police et une violation de la loi. C’est le cas de l’ancien ministre de la sécurité et ancien Mediateur de la République, qui a dit ce qu’il pense de ce sujet.
Depuis Prague en République Tchèque où il séjourne après une mission au Danemark et en France, où il participe à différentes conférences sur des questions sécuritaires humaines et contre le Terrorisme, Dr Sekou Koureissy Condé a fait un zoom sur l’actualité socio-politique de la Guinée. Il a plus précisément mis l’accent sur la façon dont la Police judiciaire a procédé à l’arrestation de Foniké Menguè et ses collègues. Selon notre Docteur Koureissy, quelque soit l’infraction commise par les prévenus, l’agissement des agents n’honore ni la Police, ni la Justice.
D’ailleurs, le Président du Parti ARENA soutient qu’il s’agit d’une atteinte aux Droit humains. C’est selon lui, l’une des sources de conflits sociaux dans un Etat.
« Je pense que c’est une atteinte aux libertés. C’est un manquement à l’éthique et à la déontologie du travail de la Police. Même un terroriste dangereux aurait eu droit à se couvrir la face dans une telle situation, s’il le peut. S’il ne peut pas, il doit être couvert par les forces de l’ordre. Venir prendre un personnage public de la sorte peut créer un dérapage. C’est une situation ambarasante pour les autorités, pour notre pays. La manière dont on a traité ces guinéens (Foniké Menguè, Billo Bah et Djanii Alfa), ne répond pas à la philosophie de procédure d’interpellation. C’est gravicime. Ce manquement doit être rectifié en libérant les personnes arrêtées. La forme est flagrante. Il y a aucune implication de fond qui peut venir balayer ce que nous voyons sur les réseaux sociaux. La forme a trahi le fond. Ce n’est pas à l’honneur de la police. Le premier rôle de la police est social », a-t-il analysé.
Par ailleurs, le consultant en questions de paix et sécurité appelle les autorités à jouer à l’apaisement, en favorisant l’indépendance de la justice.
