L’idée du bipartisme en Guinée crée une division idéologique au sein de la classe sociopolitique guinéenne. Si pour d’aucuns, ce concept consiste à réduire les multiples problèmes d’ordre politique dans le pays, pour d’autres, il serait plutôt un moyen de tuer l’essence de la démocratie en Guinée.  C’est en tout cas ce que pense le Président de l’Union Guinéenne pour la Démocratie et le Développement.

 

Depuis la tenue des assises nationales suite à l’avènement du CNRD, l’idée de réduire les partir politiques en Guinée reste accrochée sur plusieurs lèvres.  Certains citoyens,  acteurs de la société civile et même leaders politiques estiment qu’il faut revenir à la case du départ pour former seulement deux partis qui vont compétir sur le terrain politique. Cette idée est anachronique aux yeux de Pépé Francis Haba de l’union guinneenne pour la démocratie et le développement. Il estime que ceux qui soutiennent une telle idée, ont un autre agenda caché.

« Ceux qui portent de telles idées,  je suis convaincu que l’objectif ultime est ailleurs. Ce sont des gens qui voient les partis politiques gênants, ce sont des gens qui certainement voient les leaders qui sont proches du pouvoir qui leur sont gênants et qui veulent par ces manœuvres politiciennes, par ces manœuvres obscurantistes et complètement anachroniques, ce sont ces gens là qui portent de telles idées.  Si non comment on peut comprendre que des gens qui demandent qu’on réduise les partis politiques, sont les mêmes qui ont créé des dizaines de partis politiques parce que ce sont eux qui étaient au pouvoir ? », s’interroge-t-il.

Pour ce membre de l’ANAD,  la coalition politique dirigée par Cellou Dalein Diallo,  l’idée de diminuer le nombre de formations politiques en Guinée ne s’impose pas. Car précise-t-il, ce choix doit se manifester naturellement.

« Ça sera un recul de la démocratie et on va tomber dans la dictature. Connaissant la composition des notre pays, connaissant le terrain politique, on aura davantage mis notre pays dans une situation complètement compliquée. Parce qu’on aura opposé les deux principales ethnies de notre pays. On connaît la rivalité et l’opposition politique entre les deux ethnies majoritaires. On aura donné l’occasion à ces deux entités de dominer le paysage politique et d’utiliser les minorités comme un bétail électoral », a-t-il prévenu au micro de maguineeinfos.com.

À rappeler qu’à date, il existe près de 200 partis politiques en Guinée.

Yam’s Cheick Camara