Sur demande de la CEDEAO, l’ancien président béninois, également médiateur dans la crise guinéenne a séjourné ces derniers jours à Conakry. L’objectif est de s’enquérir de la situation politique de la Guinée pendant cette période de transition. En dépit de ces jours passés à Conakry, Yayi Boni n’a rencontré ni les partis politiques, encore moins la société civile, qui sont pourtant des acteurs majeurs dans la gestion de cette transition. Mais pourquoi, le médiateur a retourné sans échanger avec ces derniers ? Selon plusieurs leaders, cette mission ne nécessite un échange avec tous les acteurs. Ce sont seulement les autorités en place qui sont concernées pour le moment.

C’est en tout cas, l’analyse de Saïkou Yaya Barry de l’UFR. Ce proche collaborateur de Sidya Touré soutient que la mission de Yayi Boni est de ramener d’abord, le CNRD à la raison afin de planifier des échanges constructifs avec l’ensemble des couches concernées. Notre interlocuteur soutient que les politiques attendent du médiateur, un recadrage des autorités pour une transition réussie.

« La Guinée fait partie de ceux qui ont créé cette Organisation pour permettre à nos pays de faire avancer notre sous région. Nous avons réussi à faire beaucoup de conventions, de contrats et d’accords, entre les pays frères (libre circulation des biens et services, libre circulation des hommes dans la sous région). Nous sommes même arrivés à créer l’Assemblée de la CEDEAO. L’organisation vise à aider les pays en difficulté dans la sous région. Et là, la Guinée est en difficulté, elle est en crise. Il ya eu un coup d’Etat, le coup d’Etat à lui seul est une crise. Cela dit qu’il y a eu des personnes venues de n’importe où, qui ont pris le pouvoir en utilisant les armes de nos concitoyens et les tenues qu’on a payées pour eux. Ils doivent faire en sorte que la population guinéenne choisisse ses responsables. C’est dans ce but que la CEDEAO est en Guinée. J’ai entendu beaucoup de partis politiques dire que la CEDEAO n’est pas venue rencontrer les partis politiques et la Société civile. Alors je dis ici que le Problème n’est pas entre nous et la CEDEAO. La société civile dans sa majorité n’est pas d’accord avec la junte. Donc on a pas quelque chose de nouveau à dire à la CEDEAO. C’est que les émissaires de la CEDEAO doivent faire c’est de dire à la junte de revenir à la raison. C’est avec la junte que la CEDEAO doit travailler cette fois-ci, sur la durée de la transition. C’est l’objet de la mission. Une fois que cela est réglé, le dialogue va être entamé », a placé le Secrétaire exécutif de l’Union des Forces Républicaines au micro de maguineeinfos.com.

Pendant ce temps, le Front national pour la défense de la constitution reste droit dans ses bottes et maintient sa marche du 28 juillet prochain.

Adama Diallo