La situation sociopolitique guinéenne reste dominée par l’emprisonnement de Oumar Sylla alias Foniké Mangué,  Ibrahima Diallo et Saïkou Yaya Barry, l’interdiction de sortie des acteurs politiques et sociaux du pays, mais aussi et surtout l’interdiction des manifestations sur les places publiques par les autorités militaires au pouvoir. Face à cette situation, certaines voix discordantes continuent à s’élever pour dénoncer une confiscation des droits de l’homme et de la liberté des citoyens. Étienne Soropogui, membre des forces vives de la Nation fait partie de ceux qui désapprouvent la gestion de la transition par le CNRD. Il l’a fait savoir dans un entretien accordé à nos confrères de la RFI.

En voyant Fonikè Menguè remis en détention avec le Secrétaire exécutif de l’Union des Forces Républicaines, Saïkou Yaya Barry, est-ce vous avez l’impression que les nouveaux dirigeants guinéens sont en train de reproduire les erreurs du régime qu’ils ont renversé? C’est l’une des nombreuses questions posées à Étienne Soropogui dans cet entretien. Sans hésiter,  l’ancien prisonnier politique sous le régime d’Alpha Condé répond en indiquant que les agissements actuels de la junte militaire font renaître le spectre d’un régime dictatorial, exactement comme ce fut le cas sous le régime déchu.

« Je faisais partie de ceux qui ont été libérés le lendemain du 05 septembre de la prison de Coronthie. Mais malheureusement, on a comme l’impression que nous faisons face à un remix de tout ce qui a été fait sous le Président Alpha Condé qui a justifié la prise illégale du pouvoir. Aujourd’hui, l’essentiel des libertés est comprimé, les leaders de la société civile, les leaders politiques ont des difficultés à sortir du territoire national, par ce que les passeports sont confisqués, les militaires sont revenus au niveau des principaux artères de Conakry. Je crois qu’aujourd’hui tout est en train d’être fait pour que les vices de la répression soient resserrés, qu’un certain nombre de compatriotes qui sont en opposition avec ce qui est en train d’être fait soit intimidé et cesse de lutter », a-t-il répondu avant d’ajouter : « Mais les gens doivent comprendre que ce n’est pas par ce qu’on a peur de mourir ou d’aller en prison qu’on doit laisser l’idéal démocratique pour lequel nous nous battons depuis un certain temps être  piétiné par des militaires qui viennent de prendre le pouvoir en Guinée », a lancé le coordinateur du mouvement Nos valeurs communes.

Yam’s Cheick Camara