La décision du Ministre guinéen de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation relative à la dissolution du Front national pour la Défense de la Constitution ne passe pas inaperçue chez l’Organisation guinéenne pour la Défense des Droits de l’Homme. Son Président Souleymane Bah interrogé par notre rédaction au lendemain d’une décision qui fait de bruits, dénonce un pouvoir totalitaire de la part du Gouvernement CNRD.
La décision de Mory Condé dissolvant le FNDC montre clairement que le Gouvernement de Mamadi Doumbouya ne veut pas qu’il y’ait entente dans le pays selon le Président de l’OGDH. Mory Condé justifie son acte par la non reconnaissance du Front de manière juridique et légale par son département. Un argument botté en touche par le doyen Souleymane Bah n’apprécie nullement cette façon de faire.
« C’est un pouvoir de force, un pouvoir totalitaire il faut le dire. Normalement, même si le FNDC ne dispose pas peut-être d’agrément, mais toutes les organisations qui composent le FNDC ont leurs agréments. A mon avis, ce n’est pas normal de faire comme ça. Nous avons mal apprécié franchement cette décision », manifeste-t-il.
Faut-il espérer que cette décision puisse être une occasion pour le Front anti-troisième mandat de se mettre en règle? Impossible de croire à l’option vu le niveau de l’acharnement des autorités contre ce mouvement, selon Souleymane Bah. Qu’à cela ne tienne, le FNDC ne peut jamais être dissout par qui que ce soit, selon notre interlocuteur.
« Déjà ils sont braqués contre le FNDC, même si le mouvement introduit quoi que ce soit, ils ne vont pas l’accepter. Mais s’il (Mory Condé), dissout une plate-forme qui n’est pas reconnue, ça veut dire tacitement qu’il y a reconnaissance. L’OGDH a eu la même chose au temps de Lansana Conté, on nous a dissout alors qu’on avait même pas d’agrément. A l’occasion, on a dit qu’on est tacitement reconnu. Surtout parce qu’au niveau international on était reconnu, et c’est la même chose pour le FNDC. Ils ont quand même écrit que c’est dissout, mais dans l’âme du FNDC, il ne peut pas se dissoudre », a-t-il fait savoir.
Pour finir, ce défenseur des Droits de l’Homme appelle les différentes parties, notamment le CNRD à œuvrer pour le dialogue, la promotion de la paix et le renforcement du tissu social en Guinée.
Yam’s Cheick Camara
