La semaine dernière, à travers un communiqué lu à la télévision nationale, le Patrimoine bâti a notifié à certains locataires des bâtiments administratifs de libérer leurs maisons au plus tard le 30 octobre prochain. Cette procédure de récupération concerne uniquement les cinq communes de Conakry. Parmi les concernés, on trouve une bonne partie à la SIG-Madina. Ces retraités ont seulement deux mois pour quitter les lieux. Sur ce lieu, les habitants concernés sont partagés entre peine et désespoir. En plus de la menace de quitter leurs maisons, l’on constate une sorte d’espion entre les victimes. En tout cas, selon le constat d’un reporter de Maguineeinfos.com qui s’est rendu dans plusieurs familles à la SIG, les victimes de déguerpissement n’osent pas dire un mot pour tenter de justifier l’occupation de leurs maisons.
Notre constat sur place révèle que nombreux sont là pour remonter des informations aux autorités afin de causer d’autres ennuis qui s’ajouteraient au déguerpissement. Sous anonymat, notre interlocutrice nous confie qu’il est interdit de s’exprimer sur le sujet. Inquiète du délai donné pour la libération de sa maison, l’Octogénaire qui habite la zone depuis 56 ans maintenant, s’est tout de même réjouie de la cohabitation pacifique qui a caractérisé la vie des différentes ethnies à la SIG-Madina.
« Avant, la SIG Madina était occupée par des étrangers, des ouvriers, des tailleurs, des maçons, composés de Sénégalais, Camerounais, Léonais et Togolais pour construire ici. Je suis là depuis 1966 avec mon mari. La Guinée est composée de plusieurs ethnies, tu ne vas pas partir dans une maison sans trouver plusieurs ethnies, dans la SIG ici, il y a toutes sortes de races, Kissien, Malinké, peuls et Soussou… Ce ne sont pas seulement des Malinkés qui sont là mais les gens ne comprennent pas. Ils (dirigeants) n’ont qu’à avoir pitié, parce que nous sommes tous malheureux ici. Concernant les procédures, je n’ose même pas parler de ça, il y a certains parmi nous ici qui soutiennent cette récupération et je pense qu’ils sont là pour rapporter tout ce qu’on va dire à la presse, pour les rapporter à la Présidence. Normalement des gens qui ont servi l’Etat, qui sont aux bureaux, d’autres étaient à l’extérieur, ils ont été légalement envoyés ici par le Gouvernement parce qu’ils travaillaient pour l’Etat, je pense que ce n’est pas la bonne manière. Quand tu parles d’autres sont contre, ils vont dire qu’on les a vendus aux médias. Actuellement, on n’ose pas parler de ce sujet ici, pourtant on devait nous permettre de nous exprimer la dessus« , a t-elle confié à maguineeinfos.com.
Ousmane Baldé
