Un groupe de jeunes est passé à la sensibilisation de la couche juvénile vis-à-vis des protestations politiques sans précédent dans la capitale, plus particulièrement dans la Commune de Ratoma. Réunis ce dimanche, 21 août 2022 à Bambéto, ces jeunes ont tenu à exprimer leurs préoccupations face aux multiples cas de morts enregistrés régulièrement en marge des manifestations. Le groupe agissant au nom des jeunes de l’axe inscrit sa sensibilisation sur deux volets. Premièrement, il invite les citoyens à changer leur perception des manifestations. Selon les initiateurs, la protestation doit se faire sous une forme civilisée, se munir de pancartes et s’exprimer sans casse par exemple. Deuxièmement, les jeunes accentuent leur message aussi sur l’attitude des forces de l’ordre. Les agents de maintien doivent agir avec professionnalisme, sans user d’armes de guerre.
Ensuite, ils demandent aux forces de l’ordre de faire la distinction entre les manifestants et les paisibles citoyens qui vaquent à leurs occupations quotidiennes. Cela permettra d’éviter des arrestations arbitraires qui pourraient aboutir à d’autres soulèvements.
« Trop c’est trop, nous disons stop à la manifestation violente parce que nous avons constaté qu’il y a des personnes qui n’ont pas été retenues dans le gouvernement et qui sont derrière certaines pratiques. Il y a même des politiciens. Alors nous disons aux jeunes de s’abstenir de la violence. Manifester n’est pas synonyme de caillasser ou de jets de pierres. Donnez votre voix et non votre vie. Il y a des jeunes qui quittent ailleurs pour venir faire des bavures dans notre zone. Ce sont eux qui nous salissent. Nous savons ce que nous endurons à travers les tueries que nous enregistrons ici », suggère Mamadou Sanoussy Bah, au nom de ses collègues, avant d’interpeller les forces de l’ordre.
« Il faut que les forces de l’ordre acceptent la communication, car ce ne sont pas tous les habitants de Ratoma qui sont des manifestants. Arrêter un commerçant qui quitte Madina par exemple, le conduire en prison sans lui donner le temps de s’expliquer, cela est dommage. Donc il faut que les policiers distinguent les gens avant de procéder à des arrestations », propose le Porte-parole des jeunes.
Présent à la rencontre en tant que citoyen de Bambeto, le Président du parlement des jeunes de Guinée, a lui, plaidé pour la communication entre les Gouvernants et les Gouvernés. Ce, pour renaître le climat de confiance qui semble perdue depuis plusieurs décennies.
« Les incompréhensions naissent du manque de communication. A ce niveau, le pacte doit être expérimenté dans le cadre du dialogue et de concertation avec la jeunesse. C’est aussi la sensibilisation des jeunes par rapport à leur responsabilité et faveur de la culture de la paix. Nous ne sommes pas en train de dire qu’il faut interdire les manifestations, puisqu’elles sont prévues par tous nos textes de loi. Mais il faut changer la manière de faire. Il faut être objectif dans ce dont on réclame. Il faut qu’on soit cohérent. Il ne faudrait pas manifester pour causer du tort aux autres », a préconisé Thierno Abdoul Bah.
En plus de la détention prolongée des jeunes arrêtés récemment, les jeunes dénoncent du fait que les personnes tuées lors des récentes manifestations ne sont toujours pas enterrées.








