Le sujet concernant la dissolution des conseils communaux reste d’actualité en Guinée. Car jusqu’ici, certains observateurs ne voient pas la nécessité de les faire remplacer par des délégations spéciales pour des faits présumés de détournements et de mauvaise gestion des fonds des collectivités. Parmi ceux qui pensent que le Président de la transition a fait une erreur dans sa prise de décision, Pépé Francis Haba, membre de l’alliance national pour l’alternance démocratique (ANAD).
Face à cette situation, le Président de l’Union guinneenne pour la Démocratie et le Développement crie à la violation de la loi relative aux collectivités locales.
« Normalement, un conseil communal ne peut être dissout que quand plus du tiers des membres de ce conseil sont reconnus coupables de corruption, de malversations financières devant la justice. Mais pour le moment, on parle de présomption de corruption, de présomption de détournement, puisque la justice n’a pas encore condamné ces conseils communaux là. Et je pense que c’est une violation flagrante de la loi. Et il faut condamner et dénoncer cela avec véhémence », a-t-il précisé.
Pépé Francis Haba estime qu’il y a de l’excès dans la décision de Mamadi Doumbouya. C’est pourquoi il demande au Président de la Transition et son Gouvernement de faire preuve de Démocratie dans leur démarche.
« Nous ne sommes pas dans une jungle. Il faut que le CNRD et son Gouvernement fassent preuve de Démocratie. Je pense que c’est une volonté de gouverner avec la force, c’est une façon de gouverner de façon dictatoriale. On ne peut pas comprendre que des conseils communaux légitimes qui ont été élus par les populations, sur lesquels pèsent des présomptions de corruption et sans que la justice ne se prononce d’abord, soient dissouts de façon hors la loi. Cela est inadmissible », a regretté ce leader politique.
Depuis plusieurs semaines maintenant, l’on assiste à une vague de décrets dissolvant des responsables de communes urbaines et rurales dans le pays. À date, plus d’une trentaine de conseils communaux sont frappés de plein fouet par cette décision de Mamadi Doumbouya et sont sous menace de poursuites judiciaires pour mauvaises gestions entre autres.
Yam’s Cheick Camara
