A Bambéto, dans la Commune de Ratoma, les travaux de l’échangeur sont sur la voie d’être lancés à ce carrefour au stratégique que transversal pour la Capitale guinéenne. Mais il se trouve que plusieurs citoyens seront sommés de quitter des places de commerce ou des habitations qu’ils ont occupées durant plusieurs années la plupart. Ce deguerpissement en vue grandit l’inquiétude chez des citoyens qui ne savent plus où aller. En tout cas si une opération de dédommagement est annoncée par le Gouvernement, beaucoup de citoyens interrogés par notre rédaction n’ont pas senti le vent de cet argent destiné aux victimes.
C’est du moins ce qui sort d’un constat fait par nos reporters sur le terrain. Alors que les travaux dureront plus de deux ans, les potentiels victimes se partagent désespoir et peine. Sur tous les visages, les citoyens interrogés affichent une mine désespérée. Nombreux parmi eux sont des pères ou mères de famille. S’ils sont dégagés de ce lieu, c’est la place à une vie chamboulée pour les dizaines de familles.
« Je suis né ici, j’ai commencé à vendre des chaussures ici ça fait une année. Moi je ne suis pas content des travaux qui vont s’effectuer ici parce que cela peut prendre une éternité comme toujours, Kagbelen en est la preuve. Je ne prévois pas de quitter ici, plutôt de me déplacer », dit Mamadou Saïdou, vendeur de chaussures.
Amadou Baïllo Diallo, commerçant, père de famille n’a eu aucun dédommagement de l’État. Cet interlocuteur affiche une inquiétude pour nourrir sa famille.
« Je suis là depuis 20 ans à vendre des CD, il nous ont parlé des travaux, ils ont même marqué quelques boutiques. Ils n’ont pas parlé d’indemnisation mais nous ont invité une fois à la Commune pour nous rassurer, nous disant de rester où nous sommes. Ils enverront des hommes qui vont suivre le déroulement. N’ayant pas de délais c’est difficile pour moi, parce que je suis un père de famille, ils doivent d’abord nous indemniser », se lamente ce père de famille.
Ces hommes ne sont pas les seuls à payer les frais de ces travaux. Des femmes sont aussi dans le pétrin, voyant leurs petits commerces impactés.
« Je suis là depuis plus de 10ans, on nous a dit que certains doivent quitter, d’autres n’ont pas de délai ni d’indemnisation, donc on attend », a dit Djenab Diallo, vendeuse de riz.
Visiblement, tous les citoyens qui pratiquent le Commerce aux alentours du rond-point seront dégagés. Cela allonge la liste des victimes qui disent n’être jusque-là pas dédommagés.
« Je suis là depuis bientôt 5ans, ils sont venus mesurer ils ne nous ont pas dit de quitter. Par contre, ils ont appelé certains de nos confrères qui tiennent de grandes boutiques et pour leur dire que quand le moment viendra, de ne pas faire d’histoires, donc de quitter tout doucement », déplore Thierno Souaïbou, vendeur.
Lors de la dernière visite du Ministre des Infrastructures sur le lieu, il avait annoncé une indemnisation pour l’ensemble des victimes. Mais il s’avère que d’autres n’ont pas eu le vent de ce fonds.
Diariou Diallo et Aissatou Diallo pour Maguinneeinfos.com









