Si Coyah est plein de terrains vides, il s’avère tout de même que la Préfecture ne dispose pas de domaines disponibles pour bâtir un édifice servant d’infrastructures sociales comme écoles, maisons de jeunes, terrains et autres. C’est le constat dressé par le Collectif des Jeunes pour le Développement de Coyah. Les membres de la structure accuse le Directeur préfectoral de de s’accaparer des domaines destinés à l’Etat lors du lotissement des parcelles.

C’est pourquoi, le Collectif brise le silence et interpelle le CNRD sur la gestion foncière à Coyah. Devant la presse, les jeunes attire l’attention sur le calvaire des citoyens de Coyah. Ils rappellent qu’à chaque vente d’une parcelle, le Patrimoine bâti public prend sa part au nom de l’Etat. Mais le problème est le fait que les jeunes disent n’avoir aucun domaine public dans la Préfecture.

« Dans ces dernières années, nous avons eu l’idée de revenir au créneau parce qu’à chaque fois qu’il a eu lotissement, sur chaque 10 parcelles, la préfecture de Coyah prend 3 au nom de l’Etat, à travers la Direction préfectorale de l’habitat. Mais s’il est dit que cela revient à cette Direction, ce n’est pas pour une personne physique mais morale. Nous avons besoin d’aller vers des ONGs, des personnes de bonnes volontés pour que les communautés soient restaurées de leur droit. Il y a des quartiers ou districts où il est impossible aujourd’hui de trouver une école, une mosquée, une église ou une maison des jeunes. Alors que sur chaque domaine qui fait objet de lotissement, il ya des parts qui reviennent à l’Etat. Il y a des personnes à la Direction préfectorale de l’habitat qui considèrent que l’habitat de Coyah est une propriété privée, elles font ce qu’elles veulent, c’est comme s’il n’y a pas d’autorités, c’est pourquoi nous venons vers la presse pour dénoncer cela », déplore Amadou Sadjo Bah, initiateur de cette démarche.

Par ailleurs, il invite le CNRD à faire un clin d’œil à Coyah afin d’éviter le pire.

« Si la justice est la boussole comme l’a dit le Colonel Mamadi Doumbouya et que c’est une refondation de l’Etat, ce sont ces abus là que nous devons condamner. Quelqu’un ne peut pas prendre l’habitat comme une propriété privée, ces 3 parcelles sur chaque 10 parcelles au nom de l’Etat doivent être gardées pour l’Etat », indique ce Conseiller communal.

Aboubacar Sabri Conté est aussi membre du Collectif. Il tire à boulets rouges sur le Directeur préfectoral de l’habitat de Coyah.

« Nous sommes là pour dénoncer le comportement de nos dirigeants, précisément ceux de l’habitat qui continuent d’appauvrir la population de Coyah pour s’enrichir sur le dos de cette même population. Aujourd’hui même avoir une parcelle où construire un centre de santé est une mer à boire. Pour preuve, la maison des jeunes de Maneah est construite sur une colline mais en bordure de la route aussi. Si nous avons un corps, nous sommes obligés de faire un quartier à un autre, de fois à 15 kilomètres dans d’autres quartiers pour enterrer nos morts. Donc nous interpellons le CNRD face à cette situation avant que ça ne soit tard. Si nous parlons de réfondation alors que les autorités prennent cette situation au sérieux puisque trop c’est trop », lance t-il.

En outre, le Collectif des Jeunes pour le Développement de Coyah accuse le Directeur préfectoral de l’habitat d’avoir une vingtaine de bâtiments à son compte sans parler de domaines non bâtis.

Joint au téléphone pour avoir sa version des faits, le mis en cause n’a daigné donné de précisions. Il s’est contenté de nous renvoyer vers le Préfecture, qui doit selon lui, l’interroger sur un tel sujet.

Siradio Kaalan Diallo