Depuis ce week-end suite à l’estrade verbale qui a eu lieu entre le Président en exercice de la CEDEAO et les autorités de la junte militaire guinéenne, les chefs d’Etat de la communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest se sont montré intraitables face au manque de volonté du CNRD à organiser rapidement les élections afin de rendre le pouvoir aux civiles. C’est dans cette perspective que l’organisation sous régionale au cours de son 77e sommet extraordinaire qui se tient à New-York, a infligé des sanctions d’ordres économiques, financières et diplomatiques. Il s’agit de l’interdiction de voyage, d’aides financières extérieures et le gel des avoirs du gouvernement Mamadi Doumbouya.
D’ores et déjà, la situation attire l’attention de certains acteurs politiques qui exigent à ce que le Président de la transition et son gouvernement évitent des sanctions qui touchent le train de vie des citoyens guinéens. C’est le cas d’Abdoulaye Kourouma, Président du parti RRD. Pour lui, ce bras de fer n’est pas profitable pour la Guinée.
« Ce bras de fer ne sert à rien. Qu’on essaie de s’entendre, de discuter sur cette situation. Ce sont les réalités qui commandent. Moi je pense que parlant de 24 mois, 36 mois alors que les conditions qui seront sur le terrain, on peut même dépasser les 36 mois. Ça ne sert à rien d’aller en bras de fer. Jusqu’à date, les sanctions qui sont en train d’être infligées contre le pays sont acceptables, peuvent vraiment nous amener à aller dialoguer toujours. Je ne voudrais pas qu’elles soient des sanctions qui vont toucher le train de vie des guinéens. Et, ça, il faut l’éviter et pour l’éviter, il faut dialoguer », a-t-il suggéré.
Jusqu’à preuve du contraire, la communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest se montre contre les 36 mois validés par le CNRD comme durée la transition. La CEDEAO exige à la Guinée deux ans de transition. La junte militaire va-t-elle céder face à cette vague de sanctions imposées ? Tout porte à le croire. Puisque depuis le sommet des Nations Unies où il porte le message du chef de l’Etat, le Ministre guinéen des affaires étrangères, Morissandan Kouyaté, a affirmé: « Nous nous montrerons compréhensifs ». En tout cas ce message est contraire à celui du porte-parole de la présidence, le colonel Amara Camara qui dans sa réponse à Embalo s’est montré ferme.
Yam’s Cheick Camara








